Biodiversité

Et si on écoutait le son des coraux pour surveiller leur santé ?

Et si on écoutait le son des coraux pour surveiller leur santé ?

© Georgette Douwma

31 mai 2022 à 09:00Temps de lecture2 min
Par RTBF avec AFP

Vous pensiez que les coraux étaient totalement dépourvus de facultés de langage et ne produisaient aucun son ? Détrompez-vous !

Des scientifiques suggèrent même d'écouter le bruit produit par les récifs pour surveiller leur état de santé : plus ils émettent de sons, plus ces derniers ont des chances d'être bien préservés. Les coraux font en effet partie des espèces sous-marines les plus menacées par le réchauffement climatique.

Un corail bruyant est un corail en bonne santé

Si vous avez prévu de faire de la plongée cet été et que vous avez la chance de contempler les coraux, ouvrez vos oreilles. Car ces récifs émettent des sons. Et selon des océanographes du Naval Undersea Warfare Center (NUWC), les écouter pourrait représenter une méthode peu coûteuse et efficace pour surveiller l'évolution de leur santé

Pour parvenir à cette conclusion, une équipe du NUWC dirigée par l'océanographe américaine Lauren Freeman a surveillé l'acoustique des récifs au large d'Hawaï entre 2019 et 2020, en introduisant des microphones sous-marins sur une période de six mois. Ils les ont ensuite comparés à d'autres sons recueillis près des Bermudes et en Nouvelle-Angleterre. 

Dans l'ensemble, les centaines de milliers d'animaux qui vivent dans le récif émettent des sons similaires aux bruits parasites de la radio, à des craquements ou encore la vibration du lait versé dans un bol de céréales, explique l'étude. Des descriptions très précises, qui s'appliquent toutefois lorsque le récif corallien est préservé.

"Le son change pour les récifs qui ne sont pas en bonne santé : plus silencieux et moins diversifié."

Une autre étude publiée fin mai et réalisée par des chercheurs anglais de l'université d'Exeter dresse un constat similaire. Les chercheurs ont reconstitué des sons à l'aide d'un outil d'intelligence artificielle grâce auquel ils ont détecté des différences de fréquences sonores en fonction de l'état de santé des récifs. Les auteurs des travaux ont constaté que les coraux préservés émettaient des sons plus forts que ceux davantage exposés au blanchissement.

A Hawaï et Tahiti, les récifs font de la résistance

Essentiels à la biodiversité et à la santé humaine, les récifs coralliens sont durement éprouvés par les vagues de chaleur marines, de plus en plus récurrentes sous l'effet du changement climatique. La hausse des températures des eaux entraîne en effet un phénomène d'acidification des océans, générant ainsi un stress thermique important aux coraux qui se manifeste à terme par le blanchissement, c'est-à-dire la mort de ces récifs.

Selon un rapport du gouvernement australien publié mi-mai, environ 91% de la Grande Barrière de corail d'Australie a subi un "blanchissement" en raison d'une vague de chaleur prolongée lors de l'été austral.

Heureusement, certains d'entre eux situés dans d'autres parties du monde semblent mieux résister. C'est notamment le cas à Tahiti, où des récifs totalement préservés ont récemment été découverts par une équipe internationale de chercheurs. Ainsi que sur l'île d'Hawaï, si l'on en croit une récente étude réalisée par des chercheurs américains de l'université d'État de l'Oregon.  

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