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Tendances Première

Et si on pratiquait le 'shoshin' ou pouvoir des débutants, en 2022 ?

13 déc. 2021 à 13:39Temps de lecture3 min
Par RTBF La Première

Le bouddhisme zen repose sur un concept crucial : le shoshin ou esprit du débutant. Selon cette idée millénaire qui nous vient du Japon, se convaincre que l’on est un novice toute sa vie est le meilleur moyen de progresser. Sur le chemin de la spiritualité, mais aussi dans les arts martiaux, dans la vie quotidienne ou dans la vie professionnelle. Explications avec Jean-Olivier Collinet, de Jobyourself.

Dans shoshin, il y a Sho, ou commencement, et Shin, coeur. Il s’agit donc de garder notre esprit de débutant toute notre vie, tant en amour, en gardant notre premier regard sur l’être aimé, que dans la vie professionnelle, pour ne pas nous perdre dans le milieu de l’entreprise.

Dans le milieu du travail, on pourrait assimiler le shoshin au stagiaire, cette personne qui ouvre grands les yeux sur l’entreprise, qui arrive avec un regard neuf, un regard frais sur des choses que vous ne voyez plus. Beaucoup d’entreprises japonaises appliquent ce concept en demandant à leurs employés en mission à l’étranger de remplir un rapport d’étonnement sur ce qu’ils ont découvert. Cela permet à la direction de s’en inspirer pour l’appliquer à l’entreprise ensuite.

Les grands créatifs restent de grands enfants

Ce regard de débutant est une manière de stimuler la créativité.

La Silicon Valley a énormément recours à ces préceptes du bouddhisme et encourage les employés à rester de grands enfants pour garder leur créativité. On le voit aussi dans le cinéma.

Les stagiaires qui posent beaucoup de questions sont une très bonne chose pour l’entreprise : et pourquoi ? et comment ? Et surtout : et pourquoi vous ne faites pas comme ça ?

Cette dernière question est particulièrement excellente, quand on ne se pose plus la question du pourquoi, parce qu’on le fait depuis des années, souligne Jean-Olivier Collinet. Et elle énerve les vieux chênes centenaires de l’entreprise qui ont perdu leur shoshin…

Comment raviver le shoshin ?

Il faut stimuler à fond cet esprit de premier regard !

Nous pouvons déjà par exemple observer l’aménagement de notre bureau et en reconsidérer la configuration. Cela nous donnera un regard neuf sur notre façon de travailler et créera une nouvelle forme de communication et de dynamique au sein de l’équipe.

Concrètement, pour appliquer le shoshin, il s’agit donc :

  • de s’inspirer des jeunes qui entrent en entreprise
  • de se remettre en question, de sortir de la logique d’ego. Quand les travailleurs qui sont là depuis longtemps se trompent, ils n’ont pas la même appréciation qu’un jeune qui se trompe, explique Jean-Olivier Collinet. Un nouveau qui se trompe n’a plus envie de se tromper une deuxième fois !
  • et enfin, de s’inspirer du rapport d’étonnement japonais.

Le rapport d’étonnement, source d’inspiration

Au travail, il est courant aujourd’hui de demander aux nouveaux collaborateurs un rapport d’étonnement sur l’entreprise, qu’ils rédigeront pendant un mois par exemple.

Le rapport se veut bienveillant et permet à tous de profiter de ce nouveau regard sur tout ce que les autres ne voient peut-être plus. Pour le nouveau collaborateur, il permet de briser la glace en suscitant la discussion.

Ce rapport est source d’inspiration. Il permet au personnel déjà en place d’apprendre de nouvelles choses, de découvrir de nouvelles pistes, de pointer du doigt les atouts et les points d’amélioration. Cela demande de leur part une certaine forme d’humilité.

Sans ce rapport, il est plus que probable que la nouvelle recrue, par mimétisme, sera rapidement biaisée par les autres collègues, par les habitudes en place depuis des années. C’est ce qu’on appelle le biais collectif. Cette intégration fait disparaître ce regard neuf, et c’est une perte à la fois pour l’entreprise et pour le travailleur.

Covid et shoshin

La crise sanitaire liée au Covid est un bon exemple de shoshin. Elle nous a lancé un nouveau challenge. Nous avons tous été mis dans cette position neuve, quelle que soit notre place dans l’entreprise. Elle nous a obligés à trouver des solutions, à être beaucoup plus créatifs face à une problématique, à changer notre regard sur les équipes, sur les modes de fonctionnement, et enfin à trouver du positif dans les nouvelles façons de travailler.

Tendances Première : Les Tribus

Le concept japonais du Shoshin. Avec Jean-Olivier Collinet de JobYourself

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