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État de droit : Varsovie ne doit plus de concessions à l’UE, affirme le président polonais

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06 nov. 2022 à 09:21Temps de lecture2 min
Par Belga, édité par Théa Jacquet

Le président polonais Andrzej Duda s’est dit opposé à de nouvelles concessions à la Commission européenne, qui bloque d’importants fonds de l’UE en raison de préoccupations sur l’indépendance de la justice en Pologne.

"Je n’offrirai plus aucune réponse aux suggestions de l’autre partie", a dit Duda dans une interview à paraître lundi dans l’hebdomadaire Sieci et dont des extraits ont été publiés samedi par le portail wpolityce.pl, proche des conservateurs nationalistes au pouvoir.

"A ma connaissance, nous avons rempli toutes les conditions pour recevoir les fonds du plan de relance", a-t-il ajouté. Il s’agit de quelque 35 milliards d’euros destinés à remédier aux conséquences de la pandémie du Covid-19.

Varsovie a procédé à quelques modifications de ses réformes de la justice pour répondre formellement aux critiques de Bruxelles et de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), mais ces changements n’ont pas été considérés comme suffisants aux yeux de la Commission européenne pour assurer l’indépendance des juges vis-à-vis du pouvoir politique.

Interrogé sur un éventuel assouplissement de la position polonaise, Duda l’a jugé inopportun. "Je ne crois pas qu’un nouveau pas vers les attentes de l’autre partie puisse donner des résultats. Je considère que la partie polonaise a manifesté trop de bonne volonté", a-t-il asséné.

Enfin, il a estimé que "le camp libéral de gauche, dont les représentants sont majoritaires à la Commission, veut à tout prix provoquer un changement au pouvoir en Pologne".

Selon les médias polonais, les conservateurs nationalistes au pouvoir à Varsovie sont divisés quant à l’attitude à adopter face à Bruxelles, notamment en ce qui concerne le "test d’impartialité" d’un juge.

Ce test est jugé acceptable par le gouvernement, mais uniquement à la demande d’une partie à la procédure, tandis que Bruxelles souhaite qu’il puisse être demandé par un autre juge.

Certains voudraient offrir des garanties supplémentaires à la Commission par voie de négociations, dans lesquelles le chef de l’Etat n’aurait pas à intervenir. D’autres n’excluent pas une nouvelle loi – à laquelle le chef de l’Etat, bien que proche du parti au pouvoir, pourrait en principe mettre son veto.

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