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Matière grise

Etes-vous physionomiste ? Si non, vous êtes peut-être comme Brad Pitt !

Etes-vous physionomiste ?

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Lorsque nous croisons quelqu’un que nous connaissons, que ce soit dans notre entourage habituel ou une personnalité médiatiquement connue, nous allons reconnaître son visage. C’est une caractéristique naturelle que nous possédons en tant qu’êtres humains. Mais là comme ailleurs, il existe des exceptions. Certains sont particulièrement doués dans cet exercice tandis que d’autres pas du tout. La recherche s’intéresse à ce phénomène qui se passe dans le cerveau…

Amnésie faciale

Il existe en effet un trouble qui porte un nom bizarre : la prosopagnosie. C’est l’incapacité à reconnaitre le visage de quelqu’un, même si on l’a déjà vu des dizaines de fois. Une situation pas toujours facile à vivre, car il ou elle risque vite d’être accusé(e) d’indifférence ou de mépris. Une célébrité telle que Brad Pitt a déclaré en être atteint : lorsqu’il ne reconnait pas son interlocuteur ce n’est pas parce qu’il le dédaigne mais tout simplement parce que certains de ses neurones ne parviennent pas à se connecter correctement pour faire le lien avec des rencontres précédentes…

Mais à quoi cette pathologie est-elle due exactement ? L’hypothèse la plus courante consiste à considérer que c’est le résultat d’une lésion, d’un traumatisme cérébral comme un AVC par exemple. Selon certains chercheurs, il existerait aussi quelques cas rares de prosopagnosie congénitale, autrement dit de naissance, même si cela n’a pas encore été clairement prouvé.

Des réseaux neuronaux amoindris dans la zone occipitale

Pour observer plus précisément ce qu’il se passe dans le cerveau des personnes prosopagnosiques, des scientifiques ont placé dans une machine à imagerie par résonnance magnétique un groupe de volontaires atteints de ce trouble. Ils se sont rendu compte que certains réseaux neuronaux situés à l’arrière du crâne, dans la zone occipitale, étaient moins développés chez ces personnes que chez une personne lambda.

Puis les chercheurs ont poussé leur recherche un peu plus loin. Ils ont demandé à deux groupes de volontaires (le premier groupe souffrant de prosopagnosie, le second n’en souffrant pas) de regarder des photos de visages. Avant de les installer, ils leur ont placé des lunettes un peu spéciales, munies de mini caméras capables de filmer les mouvements des yeux : ils ont ainsi pu savoir précisément où se posait le regard des différents volontaires.

Leur conclusion ? Quand elles regardent un visage, les personnes lambda détaillent les yeux, le nez, la bouche, etc.  Mais elles prennent aussi du recul pour observer le visage dans son ensemble. Tandis que chez les personnes prosopagnosiques, si elles observent aussi chaque détail, elles le font sans les regrouper pour former un ensemble significatif, autrement dit sans prendre le recul qui leur permettrait de distinguer plus facilement un visage d’un autre…

Super reconnaisseurs de visages…

De l'autre côté de l’éventail il y a des personnes qui, à l’inverse, sont carrément des surdoués de la reconnaissance faciale. Une fois qu’elles ont vu un visage, elles s’en souviennent toute leur vie et sont capables de le reconnaitre, en un instant, même des années plus tard. Cette incroyable compétence est parfois exploitée par la police pour identifier des suspects au cours d’enquêtes judiciaires. Comment expliquer cette hyper performance ? En observant leur cerveau, les chercheurs ont constaté que les réseaux neuronaux situés dans la zone occipitale étaient particulièrement développés et puissants chez ces personnes-là, au contraire des personnes prosopagnosiques qui sont en déficit de ce côté-là.

… Et de voix ?

Certains chercheurs vont même plus loin. Ils se demandent si ces super reconnaisseurs de visages ne pourraient pas être aussi de super reconnaisseurs de voix. Autrement dit, ce surdéveloppement de la reconnaissance faciale grâce à de meilleures connexions cérébrales dans certaines zones peut-il dépasser les compétences visuelles et s’étendre à l’ouïe ? Les recherches sont encore en cours et doivent être approfondies avant d’obtenir une réponse sûre, mais les premiers résultats semblent montrer que les mêmes réseaux neuronaux de la zone occipitale sont bien en jeu également dans la reconnaissance auditive.  

Quoi qu'il en soit, si vous rencontrez quelqu’un que vous avez déjà vu plusieurs fois et qu’il/elle ne vous reconnaît pas, ne pensez pas que c’est forcément parce qu’il/elle vous dédaigne ou vous méprise. C'est peut-être tout simplement qu'il/elle n'est pas physionomiste, voire qu'il/elle souffre de ce fameux trouble : la prosopagnosie…

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