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Ethereum, pilier fondamental du nouveau monde des "blockchains"

Ethereum, pilier fondamental du nouveau monde des "blockchains".

© Westend61

14 sept. 2022 à 11:00Temps de lecture3 min
Par RTBF avec AFP

Ethereum, la "blockchain" qui engage cette semaine un changement de son mode de fonctionnement, est un pilier de toute l'économie qui s'est construite autour des "chaînes de blocs", protocoles informatiques peut-être annonciateurs d'une nouvelle ère d'internet.

L'éther plus fort que le bitcoin ?

L'éther, la cryptomonnaie directement liée à Ethereum, ne représente qu'environ 20% de la valeur totale des monnaies virtuelles existantes, en deuxième position derrière le bitcoin (40%). Mais Ethereum possède un champ d'applications beaucoup plus vaste et sert de support à de multiples usages. "C'est autour d'Ethereum que se concentre l'essentiel des développements de l'écosystème des cryptomonnaies", estime Simon Polrot, expert de la "blockchain" et ancien président de l'Association pour le développement des actifs numériques (ADAN).

A la différence de la "blockchain" bitcoin, conçue avant tout pour échanger des unités de valeur (les fameux bitcoins ), Ethereum a été pensée dès le départ pour pouvoir servir de support à des lignes de code. Elle permet ainsi de construire une sorte de machine virtuelle mondiale s'appuyant sur tous les ordinateurs participant à son réseau (environ 9.000 machines ou "nœuds") sur la planète aujourd'hui.

"Ethereum, c'est un peu comme Windows ou macOS. C'est le système d'exploitation sur lequel on peut venir pour construire ses applications."

"N'importe qui peut programmer un nouvel actif sur Ethereum", renchérit Simon Polrot.

90% de la valeur de tous les NFT

La - relative - facilité d'utilisation d'Ethereum en a fait par exemple la "blockchain" star pour stocker les NFT, ces certificats d'authenticité numérique appelés, peut-être, à jouer un rôle clef dans les futurs "metaverses". Pour Simon Polrot et Manuel Valente, Ethereum concentre aujourd'hui probablement 90% de la valeur de tous les NFT émis à date. C'est sur Ethereum, par exemple, que reposent les vignettes de sportifs émises par Sorare, l'entreprise française qui vient de signer un contrat avec la NBA.

Les singes controversés du "Bored Apes Yacht Club", qui ont déclenché une véritable folie spéculatrice et attiré des stars du sport et du divertissement comme Neymar, Eminem ou Paris Hilton, sont aussi sur Ethereum. 

Même constat dans le domaine de la finance décentralisée (DeFi), ces applications qui permettent de prêter ou d'emprunter des cryptomonnaies. Selon les estimations du site spécialisé Defi Llama, Ethereum représente aujourd'hui environ 59% de la valeur engagée dans toutes les opérations de DeFi en cours, loin devant des rivales comme Tron ou BSC, la cryptomonnaie créée par le géant chinois de la crypto Binance.

Ethereum face à son destin

Certaines "blockchains" rivales ont conquis une certaine audience comme Polygon, Tezos, ou Avalanche, la dernière née, qui suscite beaucoup d'intérêt.

Mais Ethereum est en position de force et "si elle réussit sa transformation, elle peut devenir ultra-dominante", explique Manuel Valente. 

Ethereum aura toutefois un nouvel obstacle à franchir en 2023 ou 2024, prévient l'expert : elle devra en effet subir une nouvelle mutation, pour pouvoir démultiplier le nombre de transactions qu'elle peut enregistrer par seconde. A 20 opérations par seconde actuellement, cette capacité reste trop limitée par rapport à ses ambitions.

Avant cela, il faudra réussir cette semaine le "Merge", une mise à jour d'Ethereum censée bouleverser la méthode de validation sur la "chaîne de blocs", un élément essentiel de son fonctionnement. En l'occurrence, pour pouvoir valider des opérations, il ne s'agira plus d'avoir une puissance de calcul importante mais de mettre en garantie 32 Ether (environ 50.000 euros), une somme pouvant être saisie en cas de mauvaise conduite du "validateur".

Que se passerait-il toutefois si cette nouveauté échouait, par exemple en raison d'une faille non détectée dans ce protocole ? "A court terme, ce serait un événement évidemment très mauvais", indique Simon Polrot. Mais l'expert se refuse au catastrophisme : "Au pire, il n'y aurait qu'un report dans le temps de l'opération", anticipe-t-il. 

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