Psychologie

Étonnamment, la plupart des gens ne souhaitent pas devenir des multimilliardaires

Étonnamment, la plupart des gens ne souhaitent pas devenir des multimilliardaires.
11 juil. 2022 à 08:30Temps de lecture2 min
Par RTBF avec AFP

Des chercheurs britanniques ont constaté que la plupart des gens ne rêvent pas d'être multimilliardaire.

Contrairement à l'adage, les recherches montrent que l'argent contribue au bonheur. Mais de quelle somme parle-t-on exactement ? 10 ou 100 milliards de dollars ?

La plupart des gens se "contenteraient" de 10 millions de dollars

Les réseaux sociaux nous encouragent à vivre "notre meilleure vie". Mais cette injonction au bonheur a un coût. Paul Bain et Renata Bongiorno de l'université de Bath se sont interrogés sur l'importance matérielle et symbolique que l'on accorde à l'argent. Ils ont demandé à 7860 personnes de 33 pays, dont l'Arabie saoudite, l'Ouganda et le Nicaragua, le montant dont ils auraient besoin pour mener une vie de rêve. 

Les participants de l'étude pouvaient choisir la quantité d'argent qu'ils aimeraient gagner à la loterie, avec des montants allant de 10.000 jusqu'à 100 milliards de dollars. La plupart d'entre eux estiment que 10 millions de dollars sont suffisants pour être heureux dans la vie. Seule une minorité dans chaque pays étudié pense au contraire qu'il faudrait au moins 100 milliards de dollars pour y arriver. En guise de comparaison, c'est deux fois moins que la fortune estimée d'Elon Musk, le fantasque patron de Tesla et SpaceX.

Ceux qui veulent avoir des ressources financières quasi illimitées ont un profil bien particulier

Ils ont tendance à être de jeunes citadins qui accordent beaucoup d'importance au succès, au pouvoir et au fait d'être indépendants. Ils viennent généralement de pays "collectivistes", c'est-à-dire des pays dont les populations accordent de l'importance aux valeurs qui favorisent les intérêts collectifs du groupe et aux nombreuses inégalités. 

C'est le cas de l'Indonésie. L'étude stipule que 39% des habitants du pays asiatique ont opté pour les 100 milliards de dollars. Ils étaient nettement moins nombreux à faire le même choix en Russie, au Royaume-Uni et même en Chine, bien que l'Empire du Milieu soit marqué par la culture collectiviste. 

Toutefois, les répondants ayant choisi les 100 milliards de dollars ne sont pas nécessairement motivés par l'égoïsme ou la cupidité. Les chercheurs n'ont pas mis de limites à ce à quoi pourrait ressembler "une vie de rêve". Chacun des participants était donc libre de la définir comme il le voulait.

Ils ont ainsi observé que ceux souhaitant disposer des 100 milliards de dollars en dépenseraient une partie pour le bien commun.

Pour Paul Bain, cette étude montre que la plupart des gens n'ont pas forcément la folie des grandeurs.

"L'idéologie des désirs illimités, lorsqu'elle est présentée comme relevant de la nature humaine, peut créer une pression sociale pour que les gens achètent plus que ce qu'ils souhaitent réellement", a-t-il déclaré.

Selon lui, ce consumérisme forcené est redoutable pour la planète puisqu'il favorise la surconsommation et toutes les conséquences écologiques qu'on lui connaît.

"En découvrant que la vie idéale de la plupart des gens est en fait assez raisonnable, il pourrait être socialement plus facile pour les gens de se comporter d'une manière plus conforme à ce qui les rend vraiment heureux et de soutenir des politiques plus fortes pour aider la préservation de l'environnement."

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