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Week-end Première

Etre sage femme : un métier indispensable qui ne se limite pas à l'accouchement

17 mai 2021 à 08:05Temps de lecture3 min
Par Olivier Marchal

C’est sans aucun doute le premier métier que vous avez croisé de votre vie, et le plus fou, c’est que vous n’en avez probablement gardé aucun souvenir. Votre mère, elle, s’en souvient très bien et avec Olivier Marchal, sociologue et directeur de la Cité des Métiers de Charleroi, on explore le métier de sage-femme.

 

Les bébés corona pointent le bout de leur nez, le déconfinement annoncé pourrait avoir un effet sur la natalité, ça risque donc de chauffer dans les maternités, sauf que ce que l’on ne sait pas c’est que ça chauffe déjà avec 160 millions de naissances par an, 300 000 par jour, 4 par seconde. Et pour les accompagner (ces bébés et leurs courageuses mamans) : un métier - qui a l’âge de l’humanité et tient littéralement l’avenir du monde entre ses mains - celui de Sage-femme.

Un peu d'histoire

Un métier qui a évolué tout au long des siècles pour devenir celui que l’on connait maintenant, mais qui est passé de l’Egypte ancienne à la Grèce antique, et malgré les apports de la philosophie et des sciences arabes, par de longues périodes où la magie et le sacré prenaient une grande place.

Tant et si bien que jusqu’au moyen-âge, c’étaient les guérisseuses et les matrones qui faisaient le travail, avec à leur trousse ou bien sur leur dos, la bande des hommes, dont le Pape Innocent VIII qui, dans son célèbre Malléus Maléficarum, plaça celles qui furent longtemps appelées ventrières au même rang que les sorcières.

Et il faudra attendre le 19ème siècle pour que le métier soit institué en tant que tel et encadré par une formation d’état. Non sans polémiques et conflits d’ailleurs avec, par exemple, les corporations de chirurgiens et de docteurs qui refusaient jusqu’alors d’enseigner cette partie de la médecine à des femmes.

Animosité, méfiance, volonté de contrôle. Si la fonction d’accoucheuse a, depuis la nuit des temps, attiré les foudres du clan masculin, c’est pour une raison simple que l’anthropologie a permis de mettre en exergue et qu’on pourrait résumer comme suit :  " quand très tôt, l’homme a compris que la femme tenait en son ventre l’avenir de la race humaine et qu’elle avait en quelque sorte les pleins pouvoirs en produisant des femelles et des mâles : les hommes ont pris peur et n’ont cessé, alors et depuis, d’inventer des entourloupes religieuses, morales et politiques pour contrôler le corps des femmes.

Aujourd’hui, on n’accouche pas de la même manière partout sur la planète

Couchée ou accroupie, dans un lit ou bien une piscine, les méthodes varient selon les régions du monde, les cultures, les traditions, mais aussi et surtout selon les choix idéologico-techniques des systèmes de soins de santé.

Au Brésil, par exemple : la césarienne est reine : on découpe sans vergogne. L’accouchement naturel, dit par voie basse, étant considéré comme primitif et arriéré.

Au Pays bas : 1 accouchement sur 3 a lieu à domicile ; tandis qu’au Japon : la péridurale n’est pas permise alors qu’en Angleterre, elle n’est que rarement pratiquée parce que trop coûteuse.

Et en Belgique ? On accouche majoritairement à l’hôpital, mais sous l’influence des courants " plus naturel ", on assiste de plus en plus à l’éclosion de maisons de naissance où une grossesse et un accouchement moins stressants et moins médicalisés sont à présent possibles.

 

 


 

Si l’accouchement est le point d’orgue du métier. Il ne s’y résume pas

Echographies et diagnostics de suivi ; soutien psychologique auprès des futures mères ; accompagnement avant/durant/après l’accouchement, les sages-femmes sont aussi présentes dans les heures qui suivent la naissance du nourrisson pour guider les jeunes parents dans les premiers soins et encourager, par exemple, le bon démarrage de l’allaitement.

Il s’agit d’un métier stressant qui endosse une grande responsabilité, (il ne faut pas oublier que toutes les 11 secondes une maman ou son nouveau-né meurent en couche), mais c’est aussi un métier riche en émotion avec comme beauté principale : celle de faire passer l’enfant en douceur : de la vie intra-utérine à la vie tout court.

Pour devenir sage-femme, il faut de la résistance physique et mentale ; des capacités de prise de décision ; savoir être calme et précis en toutes situations. 


Et faire preuve d’une grande bienveillance. Hommes et femmes peuvent exercer ce métier. Même si, aujourd’hui, le taux de féminisation atteint 97%. Métier dont le nom, sage-femme, est parmi les rares fonctions à n’avoir pas de version genrée, puisqu’il s’en réfère à " celui ou celle " qui " sait/connait/à la science du sujet ". Qu’on soit donc une femme ou un homme, on exercera un seul et même métier celui de sage-femme.

Et pour y parvenir, sésame indispensable, il faudra obtenir un diplôme d’Etat, à travers la Haute Ecole de son choix. Un cursus jalonné de nombreux stages, tant il est vrai que si c’est en forgeant qu’on devient forgeron, c’est en accouchant qu’on entre en profession !

Pour avancer à présent ? Poser toutes vos questions sur votre orientation, sur les formations, les études, les emplois d’avenirs, et la création d’activités, sur www.miti.be et obtenez une réponse ou un entretien d’orientation gratuit, chaque jour de la semaine, de 9h à 12h.

 

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