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Etterbeek : le centre culturel Senghor ne rouvrira pas avant le 1er avril

Les salles du Senghor resteront vides au moins jusqu’au premier avril

© BRUNO DALIMONTE

22 déc. 2021 à 17:23Temps de lecture2 min
Par Pierre Vandenbulcke

Toujours pas de concert ni de spectacle au centre culturel Senghor à Etterbeek. Les deux salles restent désespérément vides. Elles ne sont plus accessibles au public depuis février sur ordre de Bruxelles-Environnement. L’administration a pointé une série de manquements aux normes incendies dans le cadre la procédure de renouvellement du permis d’environnement. Mais les travaux ont tardé à démarrer et ne sont toujours pas terminés. En attendant, les artistes s’inquiètent et pâtissent de cette situation.

La double peine

Cela fait déjà cinq fois que le groupe Dalva a dû repousser le lancement de son album prévu de longue date au Senghor. "On a deux annulations pour cause de Covid et 3 pour cause de travaux", explique Marolito le guitariste et compositeur du groupe. "Pour nous c’est un petit peu la double peine, après la pandémie, un chantier qui n’en finit pas alors qu’il s’agit de petits travaux. C’est une mise aux normes de sécurité incendie. Ce n’est pas un théâtre en ruine. Et c’est d’autant plus incompréhensible que le théâtre Senghor est un théâtre historique à Bruxelles. C’est une salle qui fait partie du patrimoine architectural et artistique de la capitale. Et les artistes y sont très attachés, notamment pour son acoustique fabuleuse. Alors oui, pour nous cette situation est dramatique mentalement, financièrement".

On a dû travailler à la petite semaine en fonction des budgets disponibles

Alors pourquoi la réouverture a été repoussée à plusieurs reprises. Pourquoi ce chantier prend-il autant de temps ? "Ce centre culturel a été fermé du jour au lendemain sans que l’on s’y attende. La commune n’avait pas prévu de budget pour effectuer ces travaux et donc il a chaque fois fallu attendre que des budgets se libèrent. C’est la raison pour laquelle on a dû travailler à la petite semaine, au compte-goutte en fonction des budgets disponibles" explique Caroline Joway, échevine des travaux à Ettebeek qui a hérité du dossier lors de prise de fonction en septembre dernier.

Négligences ?

De son côté, Bruxelles-Environnement assure que la procédure a bien été respectée et que la commune est au courant de la situation depuis 2019. "Mais la commune ne nous a jamais communiqué les mesures planifiées afin de lever les infractions mises en lumière par les pompiers" précisait la porte-parole de Bruxelles-Environnement en février dernier.

Alors y a-t-il eu négligence dans ce dossier ? "Je n’étais pas en fonction en 2019 et pas encore non plus au moment de la fermeture" précise Caroline Joway. "C’est difficile pour moi de me prononcer. Mais "peut-être", et je mets bien des guillemets, que la commune n’a pas mesuré l’urgence de la situation et n’a peut-être pas pris de décisions qu’elle aurait dû prendre. Je l’ignore. En tout cas, depuis que je suis arrivé et même depuis que l’on a reçu l’ordre de fermeture, sachez que les services font tout leur possible pour que les travaux avancent vite. On est tous bien conscient de ce que cette fermeture représente et on a tous une volonté très forte de rouvrir ce centre culturel. Par respect pour les artistes et par respect pour les travailleurs qui ont besoin de perspectives pour faire leur boulot convenablement".

Pas avant le premier avril

A ce stade, deux chaudières doivent encore être remplacées et une partie des portes coupe-feu installées. Ces travaux sont financés et programmés pour le début de l’année prochaine. "Tout va dépendre du délai de fourniture de tout ce matériel mais je rêve d’une réouverture du Senghor au premier avril. Et ce n’est pas un poisson !"

Le budget total pour la mise en conformité du Senghor est estimé, par la commune, à 1.172.700 euros.

 

 

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