Belgique

Etude Vias : de plus en plus de conducteurs combinent drogue et alcool au volant

25 janv. 2022 à 16:06Temps de lecture2 min
Par Lucie Dendooven

En Wallonie, trois jeunes conducteurs sur dix (âgés entre 18 et 34 ans) prennent le volant sous l’influence de drogues comme le cannabis et le gaz hilarant. C’est ce qui ressort de la dixième enquête nationale réalisée par Vias, l’institut pour la sécurité routière. Des jeunes qui, pour la plupart, combinent drogues et alcool, ce qui augmente encore un peu plus le risque d’accident. C’est deux fois plus que l’année dernière.

Une hausse qui s’explique par la pandémie, les changements d’habitude et la fermeture du monde de la nuit. Le fait que la vie nocturne ait été très limitée depuis le début de la crise sanitaire a incité certains jeunes à consommer davantage de cannabis à la maison. Le problème est que la substance reste un certain temps dans l’organisme et peut influer sur leurs capacités de conduite.

Drogue et alcool : un cocktail détonnant

Shirley Delannoy est chercheuse à l’Institut Vias. Elle a recensé que 30% des répondants avouaient avoir conduit sous l’influence de drogues. Parmi eux, la grosse majorité est composée d’hommes âgés entre 18 et 34 ans.

L’étude révèle un autre phénomène inquiétant. De plus en plus de conducteurs combinent drogues et alcool. Au total, plus d’une personne sur trois (35%) ayant absorbé des drogues a aussi consommé de l’alcool (contre 25% il y a un an). Chez les jeunes conducteurs de 18 à 34 ans, c’est quasi le double : 64%.

Même l’association de petites quantités d’alcool et de cannabis peut avoir de graves répercussions sur les capacités de conduite car les deux substances se renforcent. Un mélange qui va avoir de graves répercussions sur la capacité de conduite.

Dr Nele Samyn, expert drogue et toxicologie à l’institut national de Criminalistique et Criminologie, est formelle : "Le mélange drogue et alcool est un problème car on a du mal à juger de situations complexes comme la circulation en voiture. Ce qui mène inexorablement à des accidents."

Le gaz hilarant : indétectable mais en recrudescence

L’enquête montre aussi que de plus en plus de conducteurs combinent alcool et gaz hilarant. Lors de contrôles de police, le gaz hilarant est malheureusement indétectable.

Or, en Belgique, 8% des conducteurs ont pris le volant après avoir inhalé du gaz hilarant au cours du dernier mois. Mais ce phénomène est en nette augmentation en Wallonie (de 5 à 9%). Les jeunes conducteurs de 18 à 34 ans sont davantage concernés : ils sont 19% à conduire régulièrement sous l’emprise du gaz hilarant. Il s’agit par ailleurs d’un phénomène essentiellement masculin.

En Wallonie, 26% des hommes entre 18 et 34 ans ont roulé après avoir inhalé du gaz hilarant (contre 12% il y a un an) et à Bruxelles, 36% (contre 34% il y a un an). Mais on constate une augmentation du phénomène également parmi les hommes plus âgés : de 8 à 15% pour les 35-54 ans.

Une loi interdisant le gaz hilarant est à l’étude. Pour les autres substances, il ne reste que la prévention et la répression.

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