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Belgique

Etudes de médecine en Fédération Wallonie-Bruxelles : "Des étudiants vont peut-être s’inscrire en n’étant pas certains d’avoir un numéro INAMI"

L'invité de Matin Première : Alda Greoli

Les quotas INAMI bientôt verrouillés ?

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02 févr. 2022 à 08:14Temps de lecture2 min
Par Cynthia Deschamps sur base d'une interview de Thomas Gadisseux

C’est un dossier qui est en train d’avancer au Parlement, sans trop faire de bruit. Et pourtant, le débat est explosif côté francophone depuis de nombreuses années. Le gouvernement s’apprête à verrouiller les quotas INAMI attribués aux jeunes diplômés francophones en médecine. 

Ces numéros INAMI sont nécessaires aux médecins pour proposer des consultations prises en charge par la sécurité sociale pour être remboursé. Le gouvernement fédéral est chargé de fixer ces quotas et la Flandre et les francophones distribuent ensuite les numéros selon leur situation. Depuis 2017, côté francophone, il y a un examen d’entrée aux études de médecine et de dentisterie, qui est nécessaire pour s’inscrire. En Flandre, c’est directement un concours qui détermine un nombre fixe.

Va-t-on être obligé côté francophone d’imposer à nouveau un numérus clausus en Belgique ? Le ministre fédéral Frank Vandenbroucke passe-t-il en force, là où ses prédécesseurs avaient opté pour la négociation avec le sud du pays ?

Le CDH veut activer le conflit d’intérêt, un bazooka institutionnel typiquement belge, pour bloquer le texte fédéral. Alda Greoli, députée CDH au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles et ex-ministre wallonne de la santé, était sur le plateau de François Heureux et Thomas Gadisseux dans la matinale de La Première ce mercredi pour nous dire pourquoi.

"Ce n’est pas une question d’être francophone ou néerlandophone, c’est une question de qualité des soins de santé pour l’ensemble de la population", explique-t-elle. "Une commune wallonne sur deux est en pénurie de médecins généralistes. Si on prend Bruxelles et sa région, quasiment 40% des médecins généralistes pourraient partir à la pension d’ici 2027. Et si je prends la pyramide des âges en général, la majorité des médecins ont plus de 55 ans."

"Aujourd’hui, il faut entre trois mois et un an pour obtenir un rendez-vous chez un spécialiste", ajoute-t-elle. "C’est donc un danger fondamental pour la qualité des soins. Et nous savons tous qu’un report de soins contribue à amoindrir les chances de guérison."

Alda Greoli craint que, sans discussions autour du projet de loi au niveau fédéral, cette pénurie de médecins s'aggrave dans le sud du pays puisque seuls 505 numéros INAMI seront disponibles du côté francophone. "Aujourd’hui, si le gouvernement fédéral ne prend pas d’arrêté, tous ceux qui sortent des études ont droit à un numéro INAMI.En clair, si on réussit ses études, on devient médecin.

"Des étudiants vont peut-être s’inscrire dans un parcours en n’étant pas certains d’avoir un numéro INAMI. Si vous vouliez décourager des vocations, chapeau, c’est vraiment l’arme suprême", conclut-elle.

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