Euro féminin

Euro 2022 : les maîtres espions des Bleues, pièce précieuse pour déjouer l’échec

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21 juil. 2022 à 13:31Temps de lecture3 min
Par AFP

Dans l’ombre des tribunes, une discrète "partie d’échecs" s’est jouée avant le quart de finale de l’Euro féminin entre la France et les Pays-Bas, samedi (21h00) : chaque camp a envoyé ses propres "espions" observer l’autre, un "œil extérieur" précieux pour les sélectionneurs.

Chez les Bleues, les agents secrets s’appellent Grégoire Sorin et Ludovic Cornebois. "007" pour le premier, sélectionneur des U23 féminines. "Moi je préférerais Spy (espion, en anglais) ou Spider (l’araignée)", rigole son adjoint, lors d’un entretien à l’AFP où ils dévoilent une partie de leur travail.

Séparément ou en binôme, ils sillonnent les routes anglaises depuis le début de l’Euro pour observer, au stade, les adversaires du premier tour et celles que les Françaises pourraient rencontrer ensuite.

A la télé "il nous manque des lignes pour observer le comportement de la défense, du milieu, ou des comportements individuels", au stade on apprécie mieux "l’aspect athlétique, technique, les courses", décrit Sorin. "En direct, on voit un peu les réactions du banc de touche, c’est important sur la façon de + coacher + ", prolonge Cornebois.

Masquer son jeu, se dévoiler le moins possible, c’est aussi un enjeu pour les sélectionneurs.

"Il a vu ce que j’avais envie de lui montrer, surtout par rapport à la composition de départ", a répondu Corinne Diacre à un journaliste l’interrogeant sur la présence de Mark Parsons, son homologue des Pays-Bas, lundi à Rotherham lors du match Islande-France.

"Bluffer l’autre"

En compétition, "l’adversaire nous observe aussi, c’est un peu une partie d’échecs. Moi je bouge une pièce, toi qu’est-ce que tu fais ?", raconte Sorin, et il ajoute : "Tout le monde essaye de temps en temps de bluffer l’autre, c’est le jeu."

Selon Ludovic Cornebois, son adjoint chez les Bleuettes, voir le staff néerlandais débarquer à six en tribunes lundi pour le match des Bleues contre l’Islande (1-1) ne leur confère pas un avantage supplémentaire.

"Ils sont surtout venus voir le stade, ils n’ont pas encore joué ici. S’ils ne sont venus que maintenant prendre des infos (sur la France), c’est qu’il y a un problème", glisse-t-il.

Le travail a en effet débuté bien avant l’Euro, début 2022. Les deux observateurs ont notamment grossi les rangs du staff durant le Tournoi de France, pendant lequel les Bleues ont battu 3-1 les Néerlandaises.

Les leçons apportées par ce match en particulier n’ont pas suffi à se faire une idée précise des Pays-Bas. Toutes les autres rencontres ont été disséquées, avec l’apport des analystes vidéo, l’objectif étant d’avoir une "vue globale" la plus complète possible.

L’apport des joueuses

"Quand on a vu plusieurs matches, on donne la carte d’identité, le fonctionnement de l’équipe sur les plans offensif et défensif, les individualités qui ressortent aussi", résume Sorin. "L’idée c’est de repérer des comportements récurrents de l’équipe."

Diacre et ses adjoints ont déjà une connaissance précise des adversaires, alors le but des observateurs consiste soit à "la renforcer, soit à éveiller sur un point qui n’était pas forcément latent". Le danger ? "Noyer le staff" avec des éléments non nécessaires, "on essaye de donner trois, quatre points grand maximum sur chaque équipe".

Il faut donner "le maximum d’informations, y compris des choses qu’on pense personnelles. Après, le staff prend ou ne prend pas. C’est notre rôle, d’avoir un œil extérieur", poursuit son N.2.

De l’intérieur, le plan de bataille peut aussi être enrichi par l’expérience de certaines joueuses.

La gardienne Pauline Peyraud-Magnin, dernier rempart de la Juventus Turin, a fourni des renseignements utiles sur ses coéquipières italiennes avant le premier match face aux Azzurre (5-1). Autre exemple, Melvine Malard connaît la gardienne néerlandaise Daphne van Domselaar pour lui avoir infligé un doublé durant l’Euro 2019 des moins de 19 ans.

"Je viens d’en parler avec la coach !", en a rigolé l’attaquante de l’OL mercredi devant la presse, sans en rajouter. "Moi, donner des conseils ? J’en ai parlé un peu avec les observateurs", a-t-elle simplement prolongé.

Chaque camp dispose de ses propres pièces sur l’échiquier, à chacun désormais de les exploiter au mieux. Une place en demi-finale est en jeu.

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