Euro féminin

Euro féminin : Entre la légende Wendie Renard et "Hulk", qui sont ces redoutables françaises ?

Les Bleues à la fête contre la Belgique ?

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Doit-on s’attendre à un feu d’artifice pour ce France-Belgique du 14 juillet ? Les Bleues vont-elles être aussi inspirées que les coureurs français, souvent si prompts à se lancer dans des grandes manœuvres au Tour de France en ce jour de fête nationale ? Les Françaises ont en tout cas rejoint le peloton des grandes nations favorites de cet Euro en écrasant l’Italie 5-1 pour leur premier match et possèdent tout l’attirail nécessaire pour encore allumer de fameux pétards devant le but de Nicky Evrard. La fête, elles la réservent plutôt pour le 31 juillet. Fracassé sur le plafond des quarts de finale des cinq dernières grandes compétitions disputées par la France, le rêve bleu est simple : décrocher enfin un premier grand titre.

Les Red Flames sont prévenues, il faudra surveiller tout le monde dans les rangs de la troisième nation mondiale. On aurait donc pu citer toute l'équipe mais il fallait bien choisir. Focus sur cinq personnalités clé, une joueuse par ligne et la sélectionneuse.

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La sélectionneuse : Corinne Diacre, 47 ans. Le travail avant tout.

Corinne Diacre : le travail avant tout
Corinne Diacre : le travail avant tout AFP or licensors

Pour tirer un feu d’artifice, il faut une étincelle. Et pour craquer l’allumette, on peut faire confiance au groupe France, qui a parfois paru légèrement… explosif. Quand des petits surnoms comme "Dragon", ou "Adjudant-chef" semblent (avoir été) utilisés en interne pour parler de la coach, on sait que quelque chose ne tourne pas tout à fait bien… Les angles ont apparemment été un peu arrondis ces derniers temps mais tant le style que les choix de Corinne Diacre, la sélectionneure (comme elle préfère se faire appeler, plutôt que sélectionneuse) font énormément parler.

Il faut dire que celle qui compte plus de 120 caps dans l’axe de la défense des Bleues a souvent posé des choix forts : se passer de Marie-Antoinette Katoto pour la Coupe du Monde en France en 2019 par exemple. Mais surtout, plus récemment, laisser à quai sans doute définitivement les Lyonnaises Amandine Henry et Eugénie Le Sommer, soit rien de moins que l’ancienne capitaine (lors de la Coupe du Monde 2019) et la meilleure buteuse de l’Histoire des Bleues. Des choix qui passent plutôt mal aux yeux du grand public, persuadé que Diacre en fait une question personnelle plus qu’une vraie réflexion sportive. Les déclarations d’Amandine Henry, quelques mois après la Coupe du Monde, révélant un climat très tendu au sein du groupe bleu, n’avaient pas plu à la sélectionneuse.

Mais cette dernière s’est toujours défendue en expliquant qu’elle sélectionnait tout simplement les meilleures à ses yeux au moment T. Diacre, rigide ? La critique revient souvent. "Et elle s’en défend toujours : son travail, c’est avant tout d’être coach", explique Grégory Pras, journaliste suivant les Bleues pour Canal +. "Elle veut avant tout que l’équipe performe. Elle n’est pas là pour la communication, ni pour plaire aux médias. Elle est là pour gagner des trophées et elle essaie de le faire, avec sa façon bien à elle. C’est clair que quand les joueuses arrivent à l’entraînement, ce n’est pas avec une sono, de la musique à fond et des blagues qui claquent." Certaines ont déjà déclaré arriver plutôt avec la boule au ventre et un stress certain. Mais le climat semble réellement apaisé. Les nombreux sourires et même petites blagues qui ont ponctué la conférence de presse d’avant-match tendent à le confirmer.

L’air est donc plus respirable, mais l’ambiance plus que studieuse, très réfléchie et très travailleuse est révélatrice de la personnalité de Corinne Diacre.

A noter que la sélectionneuse française a aussi une expérience dans le football masculin : elle a coaché Clermond pendant plusieurs saisons quand le club évoluait encore en Ligue 2.

Le symbole : Wendie Renard, 31 ans, défenseuse centrale (Lyon)

Captain Renard
Captain Renard AFP or licensors

Pilier de la défense, la joueuse de Lyon n’en est pas moins l’une des meilleures buteuses de l’équipe de France. Débarquée sur le continent à 16 ans, la Martiniquaise, qui a perdu son père à 8 ans, s’est forgé un caractère de gagnante. "C’est elle qui amène en équipe de France la culture de la gagne qui a toujours existé à Lyon", précise Grégory Pras. Alors qu’elle a soulevé une huitième Champions League en mai avec l’OL, Wendie Renard possède tout simplement l’un des plus beaux palmarès du football français (15 titres nationaux avec les Lyonnaises notamment) et vient d’être élevée au rang de Chevalier de l’ordre national du mérite.

Puissante, précise, imposante dans les duels aériens, elle peut parfois avec un peu de mal à se retourner face à des joueuses rapides. Mais son immense expérience compense ce petit bémol.

Point de repère inévitable pour ses coéquipières sur le terrain, Wendie Renard a récupéré le brassard de capitaine après avoir dû le laisser à Amandine Henry lors de la Coupe du Monde 2019. Et s’il y a eu "un peu de friture sur la ligne" entre la patronne de la sélection et sa sélectionneuse, les tensions semblent apaisées.

La pépite : Marie-Antoinette Katoto. 23 ans, attaquante (PSG)

Marie-Antoinette Katoto prête à guillotiner quelques défenses...
Marie-Antoinette Katoto prête à guillotiner quelques défenses... AFP or licensors

Originaire de la région parisienne, Marie-Antoinette Katoto est un véritable diamant, le talent à l’état pur. Pourtant, l’attaquante des Bleues et du PSG a bien failli tout laisser tomber en 2009, au décès de son père. Du haut de ses 10 ans, la petite Marie-Antoinette se retrouve brutalement privée de celui qui l’accompagne partout dans le monde du football, briefe et débriefe ses entraînements et ses matches. Malgré toutes ses qualités déjà terriblement développées, la jeune joueuse en perd son foot. Mais elle s’accroche, retrouve l’envie, empile les buts en surclassement de catégorie et file au PSG en 2011. Elle y fera ses débuts en équipe A à 16 ans, lors d’une demi-finale de Champions League contre Wolfsburg. La pépite sait "choisir" ses rendez-vous !

En 2019, "MAK" est écartée de la sélection finale pour la Coupe du Monde 2019 disputée en France, alors que sa réputation de véritable pépite offensive la précède déjà. Un coup dur, mais pas un coup d’arrêt.

Titrée pour la première fois avec le PSG lors de la saison 2020-2021, meilleure buteuse du championnat de France à trois reprises (dont cette saison), Katoto est devenue le symbole fort du club parisien. Le pendant féminin de Kylian Mbappé, tout simplement. La récente saga autour de la prolongation de son contrat fait d’ailleurs terriblement penser à celle de "Kyky" mais avec ce nouveau contrat, MAK devient bel et bien l’une des footballeuses les mieux payées d’Europe.

Malgré un caractère plutôt introverti, la petite fusée française semble réellement partie pour s’envoler très haut.

La grosse cote : Grace Geyoro, 25 ans, milieu de terrain (PSG)

Grace Geyoro, un sourire et des buts
Grace Geyoro, un sourire et des buts AFP or licensors

La capitaine du PSG a éclaboussé le premier match de sa classe naturelle. Blessée pendant la préparation (entorse du genou), Grace Geyoro a rassuré tout le monde d’entrée en plantant trois buts en moins de 40 minutes. Joueuse du match contre l’Italie, elle a aussi été propulsée dans les plus belles lignes des statistiques, puisqu’elle est devenue la première joueuse à signer un triplé  en une mi-temps dans un Euro féminin.

Née au Congo et arrivée en France à 2 ans, du côté d’Orléans, Geyoro est une joueuse du PSG depuis ses 15 ans et a donc elle aussi connu le premier titre parisien. Désignée capitaine en début de saison, elle a dû gérer les tensions du vestiaire, nées de "l’affaire Hamraoui". Une opération "maturité express" pour elle qui a dû jouer le rôle de tampon entre les différentes protagonistes de cette saga. Tant sur le terrain qu'en dehors, Grace Geyoro semble prendre de plus en plus en mains le destin de ses équipes, alors qu'elle succède à de grands noms du milieu de terrain en équipe de France (Sonia Bompastor, l'actuelle coach de Lyon, Camille Abily ou encore Amandine Henry pour n'en citer que quelques-unes)

A 25 ans, Geyoro a déjà disputé un Euro en tant que titulaire, en 2017 aux Pays-Bas, mais sous les ordres d'un autre sélectionneur, Olivier Echouafni, qui l'avait lancée en équipe A quelques mois plus tôt. Mais en 2019, pour la Coupe du Monde en France, la milieu de terrain ne monte que pour 18 petites minutes en quatre matches. Mais ses rapports avec sa sélectionneuse semblent aujourd’hui plutôt sereins, les deux femmes ayant beaucoup échangé depuis le tournoi mondial qui a profondément marqué la joueuse.

 

Pauline Peyraud-Magnin, 30 ans, gardienne (Juventus) : "Hulk" dans le rectangle

Pauline Peyraud-Hulk-Magnin
Pauline Peyraud-Hulk-Magnin AFP or licensors

Installée entre les perches de l’équipe de France depuis le pas de côté de Sarah Bouhaddi (qui ne ressentait plus la confiance de sa sélectionneuse, après 149 sélections) Pauline Peyraud-Magnin va disputer sa première compétition majeure en tant que titulaire.

La gardienne bleue porte un maillot vert et ça tombe plutôt bien pour elle, surnommée "Hulk" (elle adore les super-héros Marvel et le personnage de Hulk représente bien sa personnalité, son côté calme qu’elle range pour devenir "une bête de compétition" une fois montée sur le terrain).

Peyraud-Magnin a régulièrement changé de club dans sa carrière (Lyon, Arsenal, Atletico Madrid…), jusqu’à se poser finalement un peu plus longtemps à la Juve où elle vient de resigner.

En qualification pour cet Euro, la France n’a encaissé aucun but en huit rencontres. Mais en club, Peyraud-Magnin a été dribblée pour le titre de gardienne de l’année dans le Calcio féminin par… Diede Lemey, la deuxième gardienne des Red Flames (Sassuolo).
Seule joueuse française à évoquer son homosexualité, en toute simplicité, sans en faire toute une histoire, "Popo" semble bien dans ses baskets et prête à emmener son équipe au plus haut.

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