RTBFPasser au contenu
Rechercher

N'oubliez pas le guide

Evelyne Meerschaut, fabricante de marionnettes : « Je cherche à capter et transmettre des émotions »

L’atelier d’Evelyne Meerschaut

La Belgique peut s’enorgueillir d’avoir la marionnette dans son patrimoine. Une tradition ancienne, bien ancrée dans certaines régions et qui se renouvelle sans cesse, grâce à des artisans d’aujourd’hui.

Pour accéder à l’atelier d’Evelyne, il faut emprunter un escalier en colimaçon. La maison est à l’image de l’artiste, chaleureuse et un peu atypique. Une fois au deuxième étage, c’est le coup de foudre. Là, sous la toiture, sur les meubles et les tables, accrochés à des tringles, des dizaines de personnages vous regardent et attendent patiemment d’être à nouveau manipulés.

Le regard des marionnettes est hyper important. C’est de là que peut naître une émotion. Je travaille beaucoup à renforcer ou non la taille d’une pupille. À amener de la brillance ou au contraire un côté mat. Je les regarde, les transforme, les manipule face à un miroir pour voir l’effet produit et s’il y a émotion ou pas.

"Parfois, un personnage sans regard peut amener également de l’émotion", ponctue-t-elle en riant.

Evelyne manipule une de ses créations, "un vieux" en bois de chêne et tissu.
Evelyne manipule une de ses créations, "un vieux" en bois de chêne et tissu. © "N’oubliez pas le guide" – RTBF

Originaire de Gand, Evelyne s’est installée à Tournai avec son compagnon qui travaille… au Musée de la Marionnette de Tournai.

Il fallait trouver une ville entre Gand et le nord de la France d’où est originaire mon copain. On a choisi Tournai et ça tombe bien puisque le musée est vraiment très chouette !

Durant son cursus en "design de costumes et de scène" à Anvers, Evelyne Meersschaut profite d’un Erasmus pour découvrir la fabrication de marionnettes dans une école de Prague.

J’avais déjà envie de fabriquer ces personnages, de découvrir différentes techniques et matériaux, d’étudier le mouvement, la recherche d’un personnage. J’ai été fascinée en découvrant pour la première fois les réalisations d’étudiants sur place.

« Une certitude, je voulais produire de l’émotion avec mes mains »

De retour en Belgique, Evelyne poursuit son apprentissage au contact de troupes de théâtre.

La marionnette doit vivre. Elle doit pouvoir raconter une histoire. Il faut que je comprenne l’univers et l’histoire pour créer le personnage ou la forme qui servira sur scène. Je n’ai pas de marque de fabrique. Je m’adapte à ce qui est raconté, aux mouvements liés à la pièce ou aux besoins. Par contre, je veux que mes mains et ce que j’en fais permettent à l’émotion d’être perçue.

Evelyne s’empare alors d’un personnage de petit garçon au visage triste qu’elle a créé en papier et en bois.

Si tu regardes bien le visage, tu verras que d’un côté, je relève la lèvre supérieure pour donner l’impression qu’il sourit. Et de l’autre, je la fais légèrement tomber. Du coup, le comédien qui manipule pourra soit jouer la joie, soit la tristesse. J’essaie toujours de trouver pour mes personnages leur fragilité dans le mouvement

Marionnette d’Evelyne Meersschaut représentant un petit garçon.
Marionnette d’Evelyne Meersschaut représentant un petit garçon. "N’oubliez pas le guide" – RTBF

N'oubliez pas le guide

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

Sur le même sujet

Fédération Wallonie-Bruxelles : les arts de la rue, des arts pas comme les autres

Les secrets du métier

Journée mondiale de la marionnette le 20 mars à Tournai

Patrimoine

Articles recommandés pour vous