Vuelta - Cyclisme

Evenepoel : "Je n’ai toujours pas remporté d’étape donc ça reste mon but principal"

Remco Evenepoel espère remporter une étape sur la Vuelta.

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29 août 2022 à 14:42Temps de lecture4 min
Par Jérôme Jordens

Remco Evenepoel a réalisé un début de Vuelta spectaculaire. Maillot rouge avec près de deux minutes d’avance sur son plus proche concurrent après 9 étapes, le Belge a impressionné sur toutes les arrivées au sommet. Une situation idéale avant d’attaquer la deuxième semaine après la journée de repos de ce lundi. Le coureur de l’équipe Quick-Step Alpha Vinyl est revenu en conférence de presse sur cette première semaine un peu folle :"Je suis quand même surpris. J’avais confiance en moi, l’équipe avait confiance en moi et a vraiment été forte. Ça a été une semaine vraiment dure. J’espérais chaque jour avoir bien récupéré et avoir de bonnes jambes. Ça a été le cas. On savait que dans les étapes 8 et 9, il y avait des possibilités pour essayer de prendre une bonne place au général. Être premier avec un bel avantage pour attaquer le contre-la-montre c’est la meilleure façon de passer le jour de repos. On n’avait évidemment pas planifié ça puisqu’on ne planifie jamais ces choses-là mais c’est mieux comme ça que d’être deux ou trois minutes derrière".

Une victoire d’étape dans le viseur

Mais pas question de se mettre trop de pression pour la suite : "C’est jour après jour, je ne sais pas dire pour la troisième semaine. C’est jour après jour et si j’ai de bonnes jambes tant mieux, si je n’ai pas de bonnes jambes, ça ne sera pas facile. La semaine la plus dure avec plusieurs étapes difficiles de suite est passée. Maintenant c’est contre-la-montre et puis plusieurs étapes de sprint et de montagne. Il y aura un peu moins de fatigue que ce qu’il y avait la semaine passée donc j’espère récupérer autant que possible sur les étapes plus faciles et être prêt pour le week-end difficile. La troisième semaine, ce sera plus ou moins la même histoire, essayer de récupérer sur les étapes de sprint et être prêts pour les 17, 18, 19, et 20e étapes".

L’objectif annoncé avant la Vuelta était un top 10 avec une victoire d’étape. Et à écouter Evenepoel, c’est bien la victoire d’étape qui occupe le plus son esprit après les neuf premières étapes : "Je pense que je ne change pas mon objectif. C’est mon premier vrai Grand Tour. L’année dernière, j’ai commencé le Giro mais on ne peut pas comparer le coureur que j’étais à celui que je suis maintenant. Je n’ai toujours pas remporté d’étape donc ça reste mon but principal. C’est vraiment spécial de porter le maillot de leader pendant quelque temps et d’être devant avec les meilleurs grimpeurs du monde, c’est un rêve qui devient réalité mais je rêve aussi d’une victoire d’étape sur un Grand Tour. J’espère que je pourrai le faire demain".

Un travail spécifique pour les gros pourcentages

Et pour tenter de remporter le chrono de ce mardi, le Belge a essayé de récupérer un maximum pendant le jour de repos car les neuf premières étapes ont laissé des traces sur les organismes : "Ça a vraiment été une semaine compliquée. Je ne vais pas mentir, le jour de repos était vraiment le bienvenu. Tout le monde est content parce que la météo était vraiment bizarre dans le Nord. On est passé de jours plutôt froid à des jours assez chauds et très humides qui sont très durs à gérer, peut-être même plus que les jours très chauds. Mais c’est un contre-la-montre demain donc il y aura encore une demi-journée pour récupérer avant l’effort. Et puis ce sera une étape au sprint donc j’espère qu’il n’y aura pas trop d’action pour essayer de prendre ça comme une sorte de journée de récupération. Vendredi, pareil, j’espère pouvoir récupérer un peu mais c’est sûr que les kilomètres et les heures passées sur le vélo commencent à s’accumuler. Je pense qu’on est déjà autour d’une trentaine d’heures. Ce n’est pas anormal de voir la fatigue s’installer et les jambes devenir un peu plus lourdes".

Très à l’aise dans la montagne, l’ancien joueur d’Anderlecht en a surpris plus d’un. Lui qu’on disait plus à l’aise dans les cols roulants a lâché tout le monde sur des gros pourcentages. Une situation qui s’explique par le travail fourni à l’entraînement : "Grimper des pentes avec de gros pourcentages comme hier, ça ne vient pas tout seul, il faut travailler pour ça. Vous avez presque votre roue à la hauteur de votre nez donc c’est très spécifique comme façon de rouler. C’était vraiment les jours où je me détestais de m’infliger ça à l’entraînement parce que ce n’est pas très chouette de s’entraîner sur ces routes mais ça paie. C’est loin d’être fini mais ça montre que si tu travailles dur et que tu continues de croire en toi, ça finit par payer".

Le Wolfpack fait ses preuves en montagne, attention au covid

Ce maillot rouge, Evenepoel le considère comme un travail d’équipe, tant il est élogieux envers ses équipiers : "Ce qu’ils ont fait les deux derniers jours, ils ont vraiment montré leur force. C’est un Wolfpack différent. Le Wolfpack est plus connu sur les classiques mais ce qu’on a montré cette semaine est vraiment spécial. Je dirais que le plus expérimenté c’est Dries Devenyns mais c’est plus dans l’expérience de la course, faire pipi au bon moment, aller chercher les bidons, à manger, se positionner dans le final. Si vous voyez ce que Julian Alaphilippe fait, c’est presque être assis dans le canapé que d’être derrière lui. Il y a juste à le suivre et tout se passera bien. Faire ça avec le maillot arc-en-ciel… Je n’ai pas vu beaucoup de champions du monde faire ce qu’il fait. Tous mes coéquipiers… Pieter Serry dans les premières étapes même s’il n’est plus là. Mais ils savent tous qu’ils sont super importants pour moi. Si on voit les chiffres qu’on a sur les montées finales, je pense qu’avec Ineos on est l’équipe la mieux représentée, quatre coureurs avec moi. Si on peut continuer comme ça, je pense que l’équipe a montré sa force dans la montagne".

Si l’enthousiasme est là, pas question de s’enflammer tant les pièges sont nombreux sur la route menant à Madrid. Parmi ceux-ci, le covid qui a déjà écarté un des équipiers d’Evenepoel avec le test positif de Pieter Serry. Mais là aussi, le natif de Schepdael reste très calme : "J’essaie de ne pas regarder ça comme un rival parce que ce serait dur pour le moral mais il faut faire attention. On fait tout ce qu’on peut. Hier, dès que j’ai passé la ligne d’arrivée, j’ai mis un masque parce qu’il y avait des fans proches sans masque. Tout le monde sait que le covid est un peu bizarre et peut arriver sans qu’on le sache".

Très serein, Remco Evenepoel a expliqué qu'il allait encore profiter de la fin de cette journée de repose et se concentrer sur le chrono dès demain matin, avec dans un coin de sa tête l'objectif de le remporter.

9e étape : Illaviciosa > Les Praeres Nava : Victoire de Louis Meintjes. Evenepoel accroit son avance.

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