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Football

Face au calendrier surchargé dans le football, Meunier enfonce le clou : "C'est insoutenable"

15 nov. 2020 à 19:40Temps de lecture2 min
Par Quentin Volvert et G. Zidda

En septembre dernier, Thomas Meunier avait déjà tiré la sonnette d’alarme pour pointer du doigt un calendrier international trop chargé. Deux mois plus tard, son avis est appuyé par d’autres acteurs du ballon rond comme Toni Kroos, récemment sorti du bois pour dénoncer l’enchaînement infernal des rencontres.

Contacté avant le match de la Belgique contre l’Angleterre en Nations League, le Diable rouge est revenu sur cette problématique dans 100% Sport.

"Ça devient très compliqué. Je constate que de plus en plus de joueurs ont des soucis physiques. Ça devient récurent. On voit que les matches ne sont pas aussi qualitatifs qu’avant… et dans cette situation, la priorité est donnée au club. C’est notre employeur, c’est lui qui nous paye, c’est avec le club que nous avons un contrat de travail. Quand on en arrive à ce point, on est obligé de faire des choix. J’entends des joueurs qui me disent ‘de temps en temps je saute un match ou deux parce que je n’ai pas le choix’. Ce n’est pas ça le football, le football c’est être ambitieux, être compétiteur. Le but c’est de jouer tous les matches et pouvoir le faire à 100%."

Et Meunier de rebondir en soutenant la proposition de Toni Kroos. "Le tempo est insoutenable. Ce n’est pas une plainte c’est une constatation. Ce serait intéressant d’avoir un syndicat de joueurs qui puisse amener des éléments de négociation sur la table afin de discuter avec l’UEFA ou la FIFA. Pour le moment, il n’y a personne qui nous représente vraiment."

Inévitable augmentation des blessures

Le covid a évidemment tout changé et accentué cette problématique. Cet été, les grands championnats ont été à leur terme. Remplissant le calendrier au chausse-pied. L’intersaison a d’ailleurs été amputée d’un bon mois en Allemagne ou en Angleterre par rapport à d’habitude. Niveau récupération et préparation, le temps manque…

"La récupération énergétique peut se faire de 24h à 48h. L’énergie se récupère par contre le football nécessite plus d’attention dans la récupération structurelle. Chez certains joueurs, la restructuration du muscle demande entre deux et cinq jours", explique Frédéric Renotte, préparateur physique et co-fondateur de l’Observatoire du Sport de Charleroi.

La préparation tronquée a donc un impact sur la vitesse de récupération. Les joueurs ont besoin de plus de temps cette saison alors que les matches continuent de s’enchaîner à une allure folle. Le coach de Liverpool, Jürgen Klopp, a d’ailleurs lancé un cri d’alarme la semaine passée.

Un chiffre interpellant en Angleterre. Après 8 matches, on recense déjà 86 blessés. Soit une augmentation de 42% par rapport à l’an passé. Ben Dinnery est analyste, spécialisé dans les blessures. Il note aussi une augmentation de 13% des absences de plus de 9 jours cette saison. La question étant comment éviter tout cela…

"L’observation des signes extérieurs de fatigue est une clé. Le staff médical des équipes voit l’humeur du joueur, sa manière de bouger, sa coordination neuromusculaire. Aujourd’hui, on dispose de toute une série d’instruments qui permettent de mesurer ces indicateurs physiologiques et de dire 'lui il est dans le rouge et lui ne l’est pas'."

Championnats, Nations League, Champion’s League, Europa League, Euro aussi en juin. Les compétitions n’arrêtent plus. On est loin d’un consensus des joueurs, toujours très partagés sur la question du calendrier mais il faut en convenir, le covid a mis une pression supplémentaire sur les organismes. Au final, le foot en pâtit. Avec la désagréable sensation, qu’il y a de plus en plus de matches, mais de moins en moins de football…

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