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Facebook censure la ville de Bitche

16 avr. 2021 à 09:22Temps de lecture2 min
Par Gilles Quoistiaux avec Garance Fitch Boribon

Sur les réseaux sociaux, certaines choses ne passent plus. Facebook notamment a mis en place des règles pour éviter les insultes sur sa plateforme. Et ces règles jouent parfois des tours à des utilisateurs de Facebook. Cette semaine, une petite ville française nommée Bitche a été censurée.

 

Bitche avec un e se trouve en Moselle, près de Strasbourg, tout près de la frontière allemande. Sa page Facebook a été suspendue cette semaine. Car en anglais bitch, sans e, a une tout autre signification. Et ça, ça ne plaît pas à Facebook.

 

Comment fonctionne le système de détection de Facebook ?

 

Essentiellement de manière automatisée. Une intelligence artificielle tourne en permanence sur la plateforme pour détecter des contenus qui seraient contraires aux conditions générales du site. Les noms des pages Facebook ne peuvent pas être, " de nature abusive ", ou " porter atteinte aux droits d’autres personnes ".

Une définition assez vague, mais ce qui est certain, c’est que le mot-clé " bitch " fait réagir l’intelligence artificielle. L’algorithme de Facebook a détecté ce terme offensant et a tout simplement désactivé la page.

 

Comment a réagi la mairie de Bitche ?

 

La responsable des sites de la ville a été interrogée par Radio Mélodie, une radio locale. Elle explique qu’elle a envoyé une dizaine de messages à Facebook, sans réaction. Ça montre que Facebook reste une boîte noire. La désactivation de la page est clairement une erreur, ça s’est fait de manière automatique, et ensuite pas moyen de joindre un humain pour régler le problème.

Il faut savoir que cette info a un peu fait le tour du web, jusqu’à CNN, qui a réussi à interroger quelqu’un chez Facebook. Facebook a confirmé que c’était bien une erreur et que tout était rentré dans l’ordre. Ça quand même pris trois semaines. Pendant ce temps-là, la page Facebook a dû être renommée Mairie 57230, c’est le code postal, c’est moins offensant que Bitche.

 

Facebook n’est pas la seule plateforme concernée

 

Ce n’est pas la première fois que ce type de problème se pose sur Internet. La première fois c’était en 1996. C’était la ville anglaise de Scunthorpe. A l’époque le censeur s’appelait AOL, pour ceux qui s’en souviennent c’était un portail Internet, dans l’ère pré Google. AOL a suspendu le site de la ville parce que son nom contient le mot cunt, un autre gros mot qu’on ne traduira pas. Depuis lors, on appelle cette censure automatique et injustifiée le Scunthorpe problem. Et oui, c’est un vrai problème, qui n’a pas vraiment de solution aujourd’hui. C’est arrivé à un site de cultivateur de champignons. Shitakemushrooms. C’est à cause du début du mot. C’est arrivé aussi à la Communauté Urbaine de Montréal: CUM. C’est aussi arrivé à des milliers d’anonymes. Comme les pauvres Clarck Aycock et Aron Dikshit dont les pages ont été plusieurs fois désactivées.

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