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Belgique

Faire en sorte que l’Etat respecte les décisions de justice : une priorité pour Edgar Szoc (LDH)

Edgar Szoc
23 mai 2022 à 07:25 - mise à jour 23 mai 2022 à 09:542 min
Par Alain Lechien, sur base de l'interview de Danielle Welter

L’auteur et enseignant Edgar Szoc a été désigné samedi président de la Ligue des droits humains (LDH), mais il y est déjà actif depuis une quinzaine d’années. Interrogé sur La Première, il constate qu’il "il y a des domaines nouveaux dans lesquels des droits qui étaient donnés pour acquis et qui maintenant doivent faire l’objet d’un combat, comme le droit à vivre dans un environnement de qualité et à vivre sur une planète qui ne se réchauffe pas".

Les nouvelles technologies

"Les possibilités d’intrusion dans la vie privée et de normalisation des comportements qui sont induits par les nouvelles technologies sont quasiment infinies et le débat démocratique à leur sujet est encore beaucoup trop rare et trop superficiel", regrette-t-il, citant l’exemple des caméras de surveillance installées dans les communes belges. La LDH a interrogé toutes les communes, ainsi que les zones de police, afin de connaître les études d’impact et les documents relatifs aux marchés publics sur ce sujet.

La majorité des communes n’a pas donné de réponse. "L’article 32 de la Constitution et la loi sur la transparence de l’administration, qui impose que les documents publics soient accessibles ne sont pas prises très au sérieux et les administrations n’ont pas encore l’habitude que les citoyens exigent de savoir ce qui est fait en leur nom et avec leur argent. Beaucoup d’études criminologiques montrent que l’impact des caméras de surveillance sur la criminalité est très faible et c’est une espèce de totem agité par des mandataires politiques pour faire croire qu’ils font quelque chose. Filme-t-on pour empêcher que des faits soient commis ou pour retrouver des coupables ? Cela induit des usages différents de ces caméras. Concernant la reconnaissance faciale, on sait que des expériences illégales ont été menées par différences forces de police, au moins en 2018 et en 2021. Et tout cela n’est pas balisé et pas discuté démocratiquement. Cela nous inquiète".

Parmi les priorités qu’Edgar Szoc souhaite mettre à l’ordre du jour de la LDH, c’est faire en sorte que l’Etat respecte les décisions de justice. Par exemple lorsqu’un tribunal de Bruxelles a donné 30 jours à l’Etat pour donner une base légale aux arrêtés en matière de Covid. Le lendemain, à la Chambre, le ministre Vandenbroucke a déclaré que ce jugement ne l’impressionnait pas.

"Monsieur le ministre on ne vous demande pas que ce jugement vous impressionne, on vous demande de l’appliquer". D’autres jugements suite à des actions intentées par la LDH ne sont pas respectés, "comme celui qui condamne l’Etat et Fedasil à des astreintes de 5000 euros par mois pour défaut d’accueil et d’enregistrement d’une série de demandeurs d’asile. Rien n’a changé depuis lors".

Edgar Szoc, invité de Matin Première ce lundi 23 mai 2022 :

L'invité de Matin Première: Edgar Szoc

La ligue des droits humains

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