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Fake News chez les seniors : quelles conséquences sur leur santé ?

Senior man using smartphone in living room of suburban home

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Vous arrivez à déceler les Fake News ? Celles-ci seraient assez présentes chez les 50 ans et plus, ce qui n’est pas sans conséquences sur leur santé. Nicolas Evrard, journaliste pour "Plus Magazine" et chroniqueur dans "La Grande Forme" nous en dit plus !

Les Fake News, c’est plus un sujet de société qu’un sujet santé. Enfin, du moins, c’est ce qu’on pourrait croire. Parce qu’en réalité, les Fake News, c’est aussi un gros problème de santé publique.

On vous explique : dans la nébuleuse de fausses informations qu’on trouve en ligne, il y en a énormément qui concernent la santé. Il y a tout ce qui concerne le Covid19, évidemment, mais il y a aussi quantité de personnes ou de sites qui promeuvent des pseudo-médecines. Ils affirment par exemple, qu’il suffit de jeûner pour guérir d’un cancer, que les pierres ont des pouvoirs magiques ou que manger comme un homme préhistorique, c’est la meilleure alimentation qui existe.

Bref, les Fake News, ça peut inciter à ne pas se soigner correctement ou à ne plus croire en son médecin, explique Nicolas Evrard, journaliste pour "Plus Magazine".

Plusieurs études universitaires ont conclu que les plus de 65 ans font partie des gens qui lisent et partagent le plus de fake news sur les réseaux sociaux, jusqu’à 7 fois plus que les 18-29 ans.

On ne sait pas trop les raisons. C’est même contre-intuitif parce que, à cet âge-là, on est expérimenté, et on pourrait penser qu’on est moins naïf qu’un "petit jeune". Des chercheurs ont tout de même émis des hypothèses pour l’expliquer.

La première raison possible, ce serait quelque chose de générationnel. Les plus de 65 ans ont principalement grandi et vécu dans un monde où les sources d’information étaient limitées. En gros, vous aviez le choix entre le journal, la télé ou la radio, qui donnaient et donnent toujours une info globalement fiable. Et ça, quoi que vous fassiez, ça laisse des traces : les plus anciens font plus facilement confiance à une source d’information, pour peu que la forme ait l’air un peu professionnelle. Une info bien présentée, leur paraîtra assez facilement fiable. C’est aussi une génération qui est moins sensibilisée aux outils numériques et détectera peut-être un peu moins facilement une photo retouchée par exemple.

Les fake news, quelque part, ça crée du lien. En vieillissant, on a tendance à avoir son réseau social qui rapetisse. Et Internet, à ce niveau-là, reste une bonne manière d’avoir des discussions, des contacts, même s’ils sont virtuels. Il y a donc beaucoup de sexagénaires – et au-delà – qui sont très actifs, notamment sur Facebook.

Or, en partageant des fake news, vous allez être mis en contact, via les algorithmes, à des personnes qui ont partagé des informations similaires. Et là, c’est un cercle vicieux, vous allez être de plus en plus bombardé de fausses infos, que vous allez de plus en plus partager. A ce moment là, il y a un autre danger, c’est de devenir complètement complotiste, c’est-à-dire de devenir hypercritique, parano, de ne plus croire en rien, ni en personne. Parfois, ça peut aller jusqu’à vous couper de vos proches, qui ne croient pas en la même chose que vous.

Que faire si un proche devient complotiste ?

Nous avons posé la question à des spécialistes. Leur réponse est toujours la même : c’est très difficile, voire impossible de raisonner quelqu’un qui a vraiment versé dans le complotisme. C’est en amont qu’il faut agir, quand la personne en est encore au stade où elle se pose des questions. Et là, il faut vraiment prendre le temps de discuter avec elle, d’aller vérifier toutes les informations.

C’est difficile parce qu’il faut le faire avec beaucoup de bienveillance, sans perdre son sang-froid. Il faut surtout expliquer que les vrais complots ce n’est vraiment pas courant. Nicolas Evrard complète sa chronique en paraphrasant l’ancien ministre Michel Rocard :

Toujours préférer l’hypothèse de la connerie à celle du complot. La connerie est courante. Le complot exige un esprit rare.

Pourquoi on croit aux fake news et comment s'en prémunir ?

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Quelles solutions à ce problème ?

Pour bien faire, il faut apprendre à reconnaître les fake news. Mais ce n’est pas toujours facile, tout le monde s’est déjà fait attraper au moins une fois. Voici quelques petites astuces pour démasquer une fausse info.

La première, c’est qu’en général, la presse traditionnelle n’en parle pas. Ça ne veut pas dire que l’info est fausse, mais ça doit vous inciter à la prendre avec prudence. On peut aussi vérifier l’info sur des sites de débunkage, des sites qui traquent et corrigent les fausses infos. Vous avez notamment le journal français Libération, qui a un service CheckNews très efficace et actif.

Et puis dernier conseil, vérifiez les éléments vérifiables dans une news : faites une recherche sur les noms, sur les lieux mentionnés dans l’information, pour voir si ce n’est pas du pipeau. Et s’il y a très peu de lieux ou de noms, faits attention, ça sent mauvais.

Retrouvez "La Grande Forme" en direct du lundi au vendredi de 13 heures à 14h30 sur VivaCité. Vous avez manqué l’émission ? Nous vous invitons à la revoir sur Auvio ainsi que sur différentes plateformes de Podcast.

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