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Politique

Faut-il une dose "booster" contre le Covid pour les ados ? Nos ministres de la Santé attendent encore des avis avant de décider

Girl getting Covid-19 Vaccine
02 févr. 2022 à 09:59 - mise à jour 02 févr. 2022 à 11:47Temps de lecture3 min
Par Jean-François Noulet

Faut-il administrer aux 12-18 ans une dose de vaccin "booster" contre le Coronavirus ? C’est la question sur laquelle ont planché les ministres de la Santé du pays, réunis en CIM Santé (conférence interministérielle) ce mercredi matin. C’est surtout du côté flamand qu’il y a un souhait de vacciner les ados avec une dose supplémentaire. La raison principale est de leur permettre de voyager, à l’approche des vacances de Carnaval.  

A l’approche des vacances de carnaval, des jeunes risquent d’être privés de voyage à l’étranger

La semaine dernière, plusieurs opérateurs spécialisés dans les voyages au ski ont tiré la sonnette d’alarme en Flandre. Kazou, par exemple, l’opérateur de vacances de la Mutualité chrétienne, en Flandre, avertissait que de nombreux ados ne pourraient pas partir skier en Autriche ou en Italie sans une dose "booster" de vaccin anti-covid.

En effet, des pays comme l’Italie ou l’Autriche imposent une vaccination récente aux jeunes dès l’âge de 12 ans.

Selon Kazou, 2000 jeunes inscrits dans des camps de vacances par son intermédiaire se verraient privés de leur voyage en raison du durcissement des règles en Italie et en Suisse à partir du 1er février. D’autres opérateurs de voyages pour jeunes, comme Jongeren Travel se sont inquiétés pour les mêmes raisons.

C’est dans ce contexte que le dossier est arrivé sur la table des ministres de la Santé.

Que disent les experts ?

La semaine dernière, les ministres de la Santé ont sollicité l’avis du Conseil Supérieur de la Santé. Ce dernier ne s’est pas montré favorable à l’administration d’une dose supplémentaire aux plus jeunes. "Au stade actuel des connaissances, les évidences scientifiques soutenant l’administration d’une dose booster du vaccin Covid-19 pour les enfants et les adolescents âgés de 12 à 17 ans, particulièrement dans le contexte d’Omicron, sont insuffisantes aux yeux du Conseil supérieur de la Santé", a communiqué le Conseil Supérieur de la Santé.

Le Conseil Supérieur de la Santé a dit vouloir attendre plus d’évidences scientifiques. Il attend aussi, au niveau européen, l’avis de l’EMA, l’agence européenne des médicaments, qui doit encore statuer.

Le Conseil Supérieur de la Santé laissait donc aux ministres de la Santé du pays le soin de prendre leurs responsabilités, s’ils estiment nécessaire de procéder à l’administration d’une dose de vaccin "booster" chez les 12 – 17 ans.

Ce mercredi, les ministres de la Santé n'ont finalement pas décidé.  Ils attendent d'autres avis. Un avis juridique notamment a été demandé pour vendredi. Le ministre de la santé a décidé de demander l'avis du Comité des droits du patient.

 

Jusqu'à présent, dans ce dossier, les entités fédérées belges ont des avis partagés

Dans ce dossier, une fois n’est pas coutume, les sensibilités sont différentes dans les différentes entités du pays.

Il nous revient que le ministre fédéral de la Santé, Franck Vandenbroucke, ne serait pas opposé à une vaccination des 16-17 ans. Cependant, il a demandé, en sa qualité de ministre fédéral de la Santé, gardien des droits des patients, un avis juridique. Il est ici question de cerner la responsabilité juridique en cas d'utilisation "off label", c'est-à-dire pour d'autres indications que celles prévues dans la notice.  Le ministre de la Santé veut aussi "plus d'explication sur la suggestion qui est sur la table de considérer les 16-17 ans comme des mineurs sur le plan médical", communique-t-on du côté du cabinet du ministre Vandenbroucke. "C'est à dire qu'il fallait le consentement explicite des parents, mais qu'on pouvait organiser (l'administration de) ce booster dans un contexte d'utilisation off label sur base d'un consentement éclairé", poursuit-on du côté du cabinet du ministre. 

Au nord, les autorités flamandes voudraient avancer sur la vaccination "booster" des plus jeunes. La question serait de savoir si l’on vaccine les 16-17 ans ou si l’on vaccine les 12-17 ans en commençant par les 16-17 ans.

Ce serait aussi la piste envisagée du côté germanophone.

Du côté francophone, on préférerait ne pas décider de vacciner les plus jeunes avec une dose booster sans un avis favorable du Conseil Supérieur de la Santé ou tant que l’Agence européenne des médicaments n’a pas donné le feu vert.


 

 

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