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"Faux positifs" en Colombie : 19 soldats inculpés pour les meurtres de 303 civils

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25 juil. 2022 à 21:08Temps de lecture1 min
Par Belga, édité par Alice Dulczewski

La justice, qui enquête sur le long conflit armé en Colombie, a inculpé lundi 19 soldats de crime de guerre et crime contre l’humanité pour le meurtre de 303 civils présentés comme des guérilleros tués au combat entre 2005 et 2008.

Selon la Juridiction spéciale pour la paix (JEP), né de l’accord de paix de 2016 avec les FARC, cette pratique dite des "faux positifs" étendue à plusieurs unités militaires entre 2002 et 2008 sous le gouvernement de droite d’Alvaro Uribe, a fait 6402 victimes.

Plus grand scandale de l'histoire récente de l'armée colombienne

Ces exécutions sommaires, le plus grand scandale de l’histoire récente de l’armée colombienne, étaient destinées à gonfler les résultats de l’armée dans la lutte contre les guérillas, notamment celle des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, marxiste), la principale impliquée dans le conflit armé colombien long de six décennies. En échange, les soldats bénéficiaient de diverses gratifications.

Les magistrats de la JEP ont estimé que les 19 soldats membres de la 16e Brigade faisaient partie d'"une organisation criminelle" mise en place dans le département de Casanare (centre) pour assassiner et présenter "faussement" des civils comme des guérilleros ou des criminels "tués au combat".

La majorité des 303 victimes étaient des hommes âgés de 18 à 25 ans, mais "neuf femmes, des personnes âgées, des personnes souffrant de déficiences cognitives" ont été recensées. Le haut commandement militaire a toujours démenti une action systématique, parlant de "cas isolés".

Peines alternatives ou prison 

Les 19 membres de l’armée, un agent de renseignement et deux civils inculpés lundi, pourront reconnaître ou rejeter leur mise en accusation.

S’ils reconnaissent leur responsabilité et offrent réparation aux victimes, ils peuvent bénéficier de peines alternatives à la prison, sinon ils encourent jusqu’à 20 ans d’emprisonnement.

Les magistrats de la JEP ont également inculpé plusieurs ex-commandants des FARC pour quelque 21.000 enlèvements. En juin, les dirigeants de la guérilla dissoute ont reconnu leur responsabilité et demandé pardon aux victimes pour tenter d’échapper à la prison.

 

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