Belgique

Fédéral : sous haute tension, le conclave budgétaire débute

Le Premier ministre, Alexander De Croo est attendu le 11 octobre prochain à la Chambre pour la déclaration gouvernementale qui fixera les budgets 2023 et 2024 de l’État fédéral.

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Ce 1er octobre, le gouvernement De Croo fête ses deux ans d’existence, à peine. Pourtant, l’exécutif paraît éreinté par les crises successives ou les situations budgétaires chaotiques. Il entre pourtant dans sa dernière ligne droite au point de vouloir fixer d’ores et déjà les budgets pour les exercices 2023 et 2024. En effet, la date de péremption de cette "Vilvaldi" est fixée à mai 2024, échéance ultime de cette législature. Sagement, Alexander De Croo a estimé qu’il aurait été compliqué d’établir le budget 2024 en plein commencement de campagne électorale.

Trou

Le conclave budgétaire qui commence formellement dès ce 30 septembre ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices tant d’une part les prévisions économiques demeurent très incertaines et d’autre part tant la méfiance règne entre les partenaires de la coalition fédérale.

La situation budgétaire de la Belgique est globalement mauvaise et continue de se dégrader. L’inflation de septembre dépasse les 11%. Il faut remonter à 1975 pour retrouver un niveau d’inflation aussi élevé. Le taux d’endettement repart à la hausse en 2023 vu les déficits élevés. En 2026, selon le Bureau du Plan, il dépasserait même son pic de 2020, année marquée par la crise sanitaire.

La croissance prévue pour 2023 pique du nez : entre juin et septembre, les prévisions de croissance sont passées de 1,3 à 0,5%. Le trou budgétaire pour l’an prochain tourne autour des 23 milliards €. La Belgique représente un des pays les plus endettés de la zone euro, et à ce titre se doit de réduire ses déficits.

Tensions

Malgré cette situation, le conclave budgétaire qui commence devrait se limiter à un effort contenu. Le Premier ministre est attendu le mardi 11 octobre pour le traditionnel discours de rentrée parlementaire où le gouvernement fédéral présente ses projets sur une base budgétaire. Il reste donc dix jours pour s’entendre entre les sept partis de la coalition. Et comme à chaque fois, les demandes et revendications des uns et des autres risquent bel et bien de s’annuler. C’est également pour cela que le Premier ministre attend beaucoup de l’Europe, tant sur la taxation des surprofits des multinationales de l’énergie que sur le plafonnement du prix du gaz.

Chaque parti vient avec revendications. Les socialistes demandent la pérennisation de la TVA à 6% et du tarif social, le MR entend lier réforme fiscale et réforme du marché du travail, l’Open VLD, un retour rapide à l’équilibre et des économies, etc.

Le bras-de-fer budgétaire peut commencer…

Sur le même thème : Extrait JT (27/09/2022)

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