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Festivals : les mesures prévues contre les agressions à la seringue

Alors que la situation épidémique permet la réouverture de la saison des festivals, la vague d’agressions à la seringue vient jouer les trouble-fêtes.

Après avoir été privés de festivals en 2020 et avoir profité de plus petites éditions en 2021, de nombreux festivaliers s’apprêtent à faire leur retour aux Ardentes, à Couleur Café, à Esperanzah !, à Dour et au Ronquières Festival. Mais si tout semble redevenir rose, la vague d’agressions à la seringue jette une ombre au tableau. Quelles mesures les grands festivals de Belgique s’apprêtent à mettre en place afin de garantir la sécurité des mélomanes ?

Des cas en 2021

En septembre 2021, des témoignages se font entendre au Royaume-Uni ; vingt-quatre au total à Aberdeen (Ecosse), à Nottingham (centre de l’Angleterre), au Pays de Galles et dans le comté anglais de Devon. Les victimes étaient alors principalement des jeunes femmes noctambules. "Une aiguille a traversé un jeans épais pour aller direct dans ma jambe" a confié Zara Owens après s’être réveillée avec "une douleur aiguë" dans la jambe le lendemain de sa sortie au Pryzm, à Nottingham.

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Depuis, plusieurs cas sont recensés en Europe. En avril 2022, le parquet de Grenoble a ouvert une enquête après plusieurs témoignages similaires (de femmes mais également d’hommes) sur un laps de temps relativement court. Tous évoquent une sensation de malaise et un trou noir après la piqûre. À Toulon, une personne a été hospitalisée et deux autres, placées en garde à vue après l’enregistrement de l’émission "La chanson de l’année". En mai 2022, six personnes ont affirmé avoir été piquées sur la place Anton Pieckplein, à Kaatsheuvel (Pays-Bas). En Belgique, une victime de 23 ans a récemment porté plainte après avoir ressenti une douleur à la fesse gauche et avoir constaté un hématome ressemblant à une piqûre. D’autres témoignages se lisent sur les réseaux sociaux mais n’aboutissent pas tous à une plainte.

La sécurité en festi’

Toutes les victimes ne sont pas spécialement des noctambules ; certaines agressions se sont déroulées en plein jour notamment à la plage ou encore dans le bus. Il est donc légitime de se demander ce que les grands festivals de Belgique prévoient de mettre en place pour garantir la sécurité des milliers de festivaliers qui s’apprêtent à être forts rapprochés les uns des autres.

"Nous restons attentifs à tout ce qu’il se passe actuellement. Nous attendons les retours et l’analyse du milieu scientifique et de la police par rapport à ces faits. Nous allons voir ce qu’il en ressort et prendre les mesures nécessaires. Une concertation avec les services de secours et la police est prévue pour agir efficacement. A Dour, pour faire face à ce type de problématique, nous disposons de nombreux agents d’accueil, de caméras et des cellules de la Croix-Rouge. Il y aura un travail de prévention et de sensibilisation sur les réseaux sociaux, pour que les festivaliers soient plus vigilants entre amis." nous a confié Damien Dufrasne, directeur du Dour Festival.

Du côté d’Esperanzah !, Cecile Roche, coordinatrice du plan SACHA (Safe Attitude Contre le Harcèlement et les Agressions) et David Salomonowicz, responsable presse, nous ont dit que : " Ceci n’est pas une problématique nouvelle, mais comme toutes les autres auxquelles on doit faire face, nous y sommes bien entendu attentifs.ves. Depuis des années, nous avons établi à Esperanzah ! des procédures pour prévenir et réagir à des cas d’urgence complexes/délicates liées à la sécurité, au confort ou au respect des festivalier.es. Pour ce faire, tant de la prévention que des procédures de réaction sont mises en place.

En matière de prévention, nous avons notamment un responsable santé qui coordonne toute notre politique de santé avec un poste médical avancé sur le festival ouvert H24 et des acteur.trices actif.ves dans le domaine de la santé communautaire et spécialement en matière RDR (réduction des risques). Modus Vivendi (spécialiste de la sensibilisation, prévention et de l’accompagnement de l’usage de drogues en milieu festif) est présent avec un stand de sensibilisation sur le site du festival et le camping, nous avons le Plan SACHA qui, avec ses 2 stands de sensibilisation et sa campagne d’affichage, pousse tout.e un.e chacun.e à veiller au bien-être des un.es et des autres, une horde d’éducateur.trices et travailleur.euses sociaux sont présent.e.s sur le camping festif et sont les premiers contacts des festivalier.es sur place. Niveau réaction, il est important de souligner que nous croyons toujours les victimes et nous pouvons les prendre en charge à plusieurs niveaux. Le Plan SACHA gère la prise en charge psychologique H24 pour les victimes. Ces dernières sont totalement soutenues si elles désirent porter plainte. Le numéro de téléphone de SACHA est aussi largement distribué. Une prise en charge médicale est aussi possible H24 grâce à un poste médical avancé sur le site. Des stewards se tiennent sur le site au besoin. Enfin, nous sommes disposé.e.s à faire des réunions d’urgence afin de prendre des décisions concrètes et de mettre en place un plan d’urgence et une communication tournée vers tous les partenaires santé, les autres responsables du festival et au besoin, vers les autorités."

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