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Fête de Wallonie : le bourgmestre de Namur Maxime Prévot livre un discours "empreint de gravité"

17 sept. 2022 à 10:26 - mise à jour 17 sept. 2022 à 12:25Temps de lecture3 min
Par Africa Gordillo

Les fêtes de Wallonie se déroulent tout ce week-end dans le sud du pays. Il s’agit d’une fête populaire mais une fête émaillée de discours politiques à commencer par celui du premier citoyen de la capitale wallonne, Maxime Prévot. Pas de jeux de mots et d’humour gratuit, le ton était à la gravité dans son traditionnel discours politique prononcé ce dimanche en fin de matinée dans les Jardins du Maïeur. Un ton à l’image du contexte politique international et de ses répercussions sur la vie des Wallons et de la crise que traverse le parlement régional en raison des accusations de harcèlement moral à l’encontre du greffier de l’assemblée Frédéric Janssens.

"La classe moyenne dévisse"

Maxime Prévot n’a pas directement commenté les mesures décidées par le gouvernement fédéral ce vendredi pour venir en aide à la classe moyenne et aux entreprises (à retrouver ici) mais il a insisté sur la détresse d’une population, y compris celle qui bénéficie de revenus du travail jusque-là confortable et les actions entreprises à Namur : "La classe moyenne, ou du moins ce qu’il en reste, dévisse. Les retraités annulent des aides ou soins à domicile faute de moyens suffisants. Les personnes fragiles flirtent avec de nouvelles formes de précarité. Des travailleurs doivent chercher parfois un second job pour nouer les deux bouts. Les indépendants voient l’avenir avec angoisse quant au maintien de leur activité, déjà fragilisée par une crise sanitaire dont les effets ne sont pas complètement encore absorbés. La jeunesse broie du noir, alors qu’elle devrait s’enthousiasmer pour l’avenir", a-t-il constaté.

Et face à ce constat de crise, le bourgmestre de Namur et président des Engagés en appelle à un triple devoir : "de lucidité, de vérité et d’efficacité". Une "lucidité" qui porte notamment sur le terrain sécuritaire. Et le bourgmestre de pointer l’insécurité dans certains quartiers dans le haut de Namur et à Jambes "où certains petits trafics s’effectuent". Dans le même temps, le bourgmestre avance "Si le procureur du Roi nous confirmait-il y a peu que les phénomènes n’avaient statistiquement pas évolué depuis une dizaine d’années et que la situation restait bien plus appréciable à Namur que dans d’autres grandes villes du pays, je ne veux nullement banaliser ou minimiser la perception problématique d’une insécurité perçue".

Quoi qu’il en soit, Maxime Prévoit annonce vouloir faire de la sécurité l’un de ses chevaux de bataille, notamment en étendant le réseau de caméras dans la capitale wallonne, après avoir renforcé les effectifs policiers et mené des opérations coup de poing.

Et le précompte immobilier ?

Le ton était aussi grave lorsqu’il a été question du dérèglement climatique, voire des finances communales malmenées par la crise du Covid, par les inondations de l’été 2021 et désormais aussi par la crise énergétique…"C’est l’explosion des coûts du personnel avec les indexations successives et qui n’en finissent pas. Rien que pour ce poste de l’indexation automatique des salaires, on parle de 10 millions d’euros de surcoût, pour pas un seul agent en plus. C’est très bien – et même essentiel – comme mécanisme pour le pouvoir d’achat, mais c’est dramatique pour les finances locales comme d’ailleurs pour les budgets de tous les employeurs", énumère Maxime Prévot.

Dans cette litanie, Maxime Prévot décoche une flèche à l’attention de la Région wallonne incapable "de collecter professionnellement le précompte immobilier et donc un trou de plusieurs millions en plus".

Et d’ajouter : "Les temps à venir seront durs, des décisions peu agréables seront à attendre, par exemple en diminution de nos crédits de fonctionnement ou de certains subsides, ou une forte limitation des recrutements même lors de départs à la pension". Le bourgmestre de Namur promet cependant de ne pas augmenter les impôts.

"Dansez au son rythmé des Masuis"

Ce traditionnel long discours s’est achevé sur une note plus légère. Maxime Prévot s’est livré aux jeux des rimes et de la poésie, dont chacun jugera la qualité :

"Et voici venues, nos Fêtes de Wallonie.
Au frigo il y a deux ans, décomplexées à présent.
Purgée de ses marchands ambulants,
Et en chantant.
Et probablement enchanté, d’avoir retrouvé
Tambours et trompettes, et l’esprit de guinguette.
Le contexte n’est guère réjouissant,
Mais le peket de toutes parts coulant,
Étreindra les gorges déployées,
Pour être bu à grandes lapées.
Prenez garde aux mélanges des saveurs,
Pour ne pas s’exposer sur les trottoirs,
Avec grumeaux et odeurs,
Une fois régurgitées le soir.
Prenez du bon temps avec vos amis,
La fête dans les quartiers servant de décor,
Dansez au son rythmé des Masuis,
Et surtout aux Molons réservez vos ‘cors’."

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