Cinéma

Figure du cinéma d’horreur, Paco Plaza fait son retour avec "La Abuela"

Paco Plaza fait son grand retour dans le cinéma avec le film "La Abuela"

© Photographie ANDER GILLENEA / AFP

04 avr. 2022 à 09:07Temps de lecture2 min
Par AFP

"Je remercie mes parents qui ne m’ont pas interdit de voir des films d’horreur": devenu une référence avec "Rec", Paco Plaza revient avec "La Abuela" et défend un genre qui, selon lui, n’a rien à envier à la "haute culture".

"Le genre horrifique est la façon la plus efficace pour exprimer […] des choses qu’on a dans la tête", a expliqué à l’AFP le réalisateur espagnol de 49 ans, lors du festival de Gérardmer, où son film a reçu un Prix spécial du jury.

"La Abuela" joue sur l’une des angoisses les plus répandues, la peur de vieillir, à travers l’histoire d’une jeune mannequin espagnole, Susana (Almudena Amor), qui doit rentrer d’urgence à Madrid pour s’occuper de sa grand-mère malade (l’ex-mannequin et actrice brésilienne Vera Valdez).

La Abuela (2022) Tráiler Oficial Español

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Dans le huis clos d’un appartement bourgeois, encombré de souvenirs, au parquet qui grince et aux portes qui claquent, une relation trouble va se nouer entre la dame âgée et grabataire et sa petite-fille. Face à cette aïeule rendue mutique par la maladie, et aux événements surnaturels qui semblent l’entourer, la jeune femme va rapidement perdre pied, dans une atmosphère tout en tension psychologique, en partie inspirée par le "Rosemary’s Baby" de Roman Polanski.

Léché mais classique et sans grande surprise dans sa forme, le film est très loin du coup d’éclat de Paco Plaza, le film "Rec" qui cassait en 2008 les codes du genre avec de longs plans-séquences et un aspect de documentaire tourné en direct.

"Tout film est un peu une autobiographie", souligne Paco Plaza, qui a voulu dans "La Abuela" raconter la vieillesse "comme une forme de possession", éprouvé par une "expérience personnelle", la maladie d’Alzheimer dont a souffert l’une de ses tantes.

REC - Bande-Annonce (VF)

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"Ce n’est que de la fiction"

Avec ses jeux de miroirs et d’allers-retours entre la grand-mère et sa petite fille, qui brouillent le fossé entre les générations, Paco Plaza exprime "la peur de ne plus reconnaître une personne proche" et "l’héritage familial, auquel on ne peut pas échapper".

L’horreur "est la façon la plus efficace d’approcher de façon poétique et métaphorique les choses qu’on a dans la tête", plaide le réalisateur, biberonné au film de genre dès son enfance en Espagne, grâce à une émission de télé, "Mis terrores favoritos", qui diffusait des classiques.

"Chaque enfant de ma génération a vu 'Frankenstein', 'Dracula', des 'giallos' (films de genre italiens), des films de zombies… Pour moi, c’était le jour le plus joyeux de la semaine ! On était familiers de l’horreur, c’était présent dans la vie quotidienne", raconte-t-il. "Je remercie mes parents de ne pas m’avoir interdit de les voir. Ma mère qui m’a dit : 'Ne t’inquiète pas, ce n’est que de la fiction, tu peux profiter de l’expérience, ce n’est pas réel'".

Il estime aujourd’hui que l’horreur n’a rien à envier à "la haute culture". "Rosemary’s Baby" (1968) de Roman Polanski ? "Il n’y a pas de meilleur film au niveau de la réalisation". "L’exorciste" (1974) de William Friedkin ? "Vous ne trouvez pas de meilleur scénario". Stephen King, multi-adapté au cinéma, à commencer par "Shining" ? "C’est l’égal de Borges ou Cortazar, un écrivain fabuleux", juge Paco Plaza.

"Pour moi, il n’y a pas de différence" entre le film de genre et le cinéma d’auteur, ajoute-t-il. "C’est des films où l’on peut s’amuser, apprendre. Et beaucoup de films de série B sont pour moi des chefs-d’œuvre".

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