Tennis

Finale de légende à l'Open d'Australie : mené deux sets à zéro, Nadal renverse Medvedev et s'offre son 21e Grand Chelem

© AFP or licensors

30 janv. 2022 à 14:11Temps de lecture3 min
Par Lancelot Meulewaeter

Rafael Nadal a remporté l'Open d'Australie 2022 en battant Daniil Medvedev (2-6, 6-7, 6-4, 6-4, 7-5). Dépassé pendant les deux premiers sets, l'Espagnol de 35 ans a réussi l'immense exploit de retourner une situation perdue. Il décroche un 21e tournoi du Grand Chelem dans un contexte inespéré et reprend une longueur d'avance sur Djokovic et Federer dans la course à l'histoire du tennis masculin.

C’est un euphémisme de dire que la Rod Laver Arena a choisi son champion. Les points remportés par Rafael Nadal sont assortis des viva de la foule, alors que Medvedev continue de payer son comportement irritant au baromètre australien de popularité.

Face au défenseur infatigable qu’est le Moscovite, Nadal prend une direction contre-nature en décidant de monter très régulièrement au filet. Si la stratégie s’avère payante en début de première manche, elle s’effiloche par après : Nadal concède deux breaks blancs consécutifs. En panne de première balle alors que Medvedev renvoie absolument tout, l’Espagnol prend une gifle (6-2).

Dans la chaleur humide de Melbourne (28 degrés en début de match), Nadal montre des signes de souffrance. Il réclame de nouvelles serviettes glacées, fait des détours par le frigo et dégouline abondamment. Il se réconcilie partiellement avec son service et parvient à breaker son adversaire au prix du plus beau rallye de ce début de match (40 frappes). Medvedev, qui faiblit sensiblement par rapport à la première manche, débreake cependant à deux reprises, sauvant au passage une balle de set pour son opposant. L'explication est poussée jusqu'au tie-break, où Nadal prend l'ascendant à plusieurs reprises. Mais Medvedev, robotique, insensible à l'immense pression, sort une fin de tie-break d'une justesse inouïe et conclut sur sa première occasion (7-6, 84 minutes). Le Russe harangue cette foule si hostile et peut aller se rasseoir : il a fait l'essentiel du chemin.

Et puis, Medvedev a douté...

A quoi reconnaître un bon joueur d'un grand champion de tennis en Grand Chelem ? A la manière d'entamer une troisième manche après avoir perdu les deux premières. Nadal ponctue d'un "vamos!" le premier point du set, comme pour rappeler à son adversaire qu'il lui reste un bout de route à faire. Medvedev prend tout de même les commandes, mais s'agace régulièrement du parti pris par le public local. Sarcastique, il applaudit en retour l'assistance. Alors qu'il est sur le point de faire rompre l'Espagnol, il galvaude trois balles de break et relance complètement son adversaire dans la partie. Nadal réalise le break à 4-4, et parvient à arracher une manche à son adversaire. Quelques choix moins lucides suffisent à Medvedev pour perdre le fil de ses idées (6-4, 64 minutes).

Loading...

Le quatrième set est un nouvel enchevêtrement de breaks. Rafa prend finalement le meilleur sur son adversaire. Medvedev, en manque criant de lucidité, montre des signes de fatigue frappants. Ses frappes de balle sont moins assurées. Lui qui débordait si facilement son adversaire en début de match se retrouve dominé lors de la majorité des échanges. Nadal conclut sur un jeu blanc autoritaire (6-4, 62 minutes). La Rod Laver Arena s'offre une finale masculine en cinq sets. Une finale de légende.

La fraîcheur de Nadal fait à nouveau la différence dans la cinquième manche. Alors que Medvedev, de dix ans son cadet, peine à développer son tennis tant il semble emprunté, Nadal allonge les échanges et fait craquer son opposant. Il confirme un break réalisé très tôt pour remporter la cinquième manche (7-5).

Sa dernière victoire sur la quinzaine australienne, c'était il y a treize ans (2009). Entre temps, une longue traversée du désert en Océanie puisqu'il a disputé quatre finales, toutes perdues. Le voilà de retour sur le trône australien. Le voilà aussi sur le toit de l'histoire du tennis. Avec 21 tournois du Grand Chelem remportés, il prend une longueur d'avance dans la lutte fratricide qui l'oppose à Djokovic et Federer. Après des mois sans compétition, victimes de pépins physiques durant la quinzaine,  Nadal s'est offert la levée du Grand Chelem la plus improbable de sa carrière. Peut-être la plus importante ?

Articles recommandés pour vous