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Belgique

Financer le revenu universel en taxant les grosses fortunes ? : « Nous sommes déjà l’un des trois pays de l’OCDE les plus taxés », avance Georges-Louis Bouchez

Georges-Louis Bouchez, le président du MR.
04 mai 2022 à 23:59Temps de lecture3 min
Par Maud Wilquin

Cette semaine, "QR le débat" revenait sur l’idée du revenu universel, un revenu garanti pour tous qui viendrait s’ajouter au travail et à la sécurité sociale.

Et cette idée, les politiciens Georges-Louis Bouchez, président du MR, et Gilles Vanden Burre, chef de groupe Ecolo à la Chambre, la défendent : "Nous défendons l’idée d’un revenu de base depuis toujours chez Ecolo, mais comme socle social de solidarité inconditionnel en-dessous duquel on ne peut pas retomber. Cela veut dire que toute personne aurait le droit à vivre une vie digne", affirmait Gilles Vanden Burre ce mercredi. "Et cela viendrait en plus de la sécurité sociale. Cela a particulièrement du sens pour certains jeunes qui se retrouvent en dehors de tous radars, qui n’ont plus d’allocation d’insertion et se retrouvent à vivre sous le seuil de pauvreté."

Enfin ce modèle aurait selon lui l’avantage d’être un facteur émancipateur qui permettrait aux citoyens de changer de vie sans avoir peur de manquer d’argent.  

Gilles Vanden Burre défend l'idée d'un revenu universel inconditionnel en complément de la sécurité sociale

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En observant le fonctionnement d’autres pays, Yannick Vanderborght, professeur en science politique à l’université de Saint-Louis, se positionne également en faveur d’un revenu de base. "Les systèmes de sécurité sociale qui historiquement sont les plus rétributifs sont les pays scandinaves", déclare-t-il sur le plateau. "La Scandinavie en réalité est le paradis de l’universalisme. On a des allocations universelles pour les familles, des prestations pour les étudiants, un système de pensions universelles … Donc, on peut évidemment y penser pour autant que ce soit financé par une fiscalité progressive, c’est-à-dire qui prélève plus vers ceux qui sont les mieux dotés, on peut très bien être très redistributif avec le système universel."

Yannick Vanderborght est favorable à la création du revenu universel

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Peu favorable à la création de ce revenu garanti sous prétexte que les plus précarisés y perdraient, le député-bourgmestre PS, Hugues Bayet, estime malgré tout lui aussi que les revenus universels ne pourraient exister que si les grosses fortunes sont davantage imposées. "Nous financerions le modèle en répartissant mieux les taxes", dit-il. "Avec l’évasion fiscale, 30 milliards nous échappent chaque année. Ensuite comme Paul Magnette, le président du PS, l’a dit, nous pourrions taxer un peu plus les plus riches d’entre nous. Enfin, l’Europe pourrait aussi intervenir, notamment dans le cadre de la conférence sur le futur de l’Union."

Hugues Bayet est défavorable à l'introduction du revenu universel mais a réfléchi au financement

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Pour Georges-Louis Bouchez cependant, taxer davantage les grosses fortunes est peu envisageable. "La contribution des épaules les plus larges est déjà faite, c’est la taxe compte-titre. Ensuite, considérer qu’on pourrait lever plus d’impôts dans le pays qui est parmi les trois pays les plus taxés de l’OCDE sur le travail et sur le capital …" 

Toutefois, le président du MR précise que les impôts des citoyens prendraient en compte les différences de revenus.

Dans son projet, il ne créerait aucune fiscalité supplémentaire mais redirigerait certaines masses. Les aides à l’emploi seraient par contre supprimées. "Elles perdent de l’intérêt car aujourd’hui on vous aide à financer une partie du salaire mais une partie du revenu serait déjà financée", explique-t-il.

Mais alors, les Belges doivent-ils craindre une diminution de salaire si le revenu universel était acté ? "On ne baisse pas les salaires, mais l’intégration d’un revenu universel est un tel big bang que bien évidemment des modifications se produiront parce qu’il y aura des effets de lissage. Mais pour le reste, on atteint avec revenu universel une grande revendication de la gauche : individualisation des droits. Le revenu universel permettrait de faire des choix de vie en toute liberté et de lever les contrôles."

Georges-Louis Bouchez insinue que les salaires vont être modifiés négativement avec l'introduction du revenu universel

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Un grand non pour les indépendants

Christophe Wambersie, secrétaire général du Syndicat neutre pour indépendants, s’oppose pour sa part fermement au revenu universel. Un revenu qui nuirait bien trop selon lui à l’amélioration du statut social : "Pour le financement du revenu universel, on supprime les petits risques. Mais les petits indépendants savent ce que c’est de ne pas avoir de petit risque. Jusqu’en 2008, ils n’en avaient pas. On s’est battu pour l’intégrer, on a même accepté une augmentation de cotisations sociales. (…) Et nous ne nous sommes pas battus pour qu’on nous les enlève aujourd’hui. Ces petits risques participent à l’amélioration du statut social et donc à la création d’activité", explique-t-il.

"Deuxièmement, on nous dit qu’on va supprimer les aides à l’emploi qui sont de 12,5 milliards d’euros. Cela signifie que l’on va augmenter le coût salarial des entreprises en Belgique. Je rappelle qu’on est troisième dans le peloton de tête du coût salarial le plus élevé en Europe."

Christophe Wambersie est contre l'introduction du revenu universel pour les indépendants

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