Une conférence de presse du tandem exécutif sur les "décisions concernant la politique de sécurité de la Finlande" est prévue dimanche, indique la présidence.
"Nous espérons que les étapes nationales encore nécessaires à cette décision seront prises rapidement dans les tout prochains jours", indiquent Sauli Niinistö, interlocuteur régulier de Vladimir Poutine ces dernières années, et Sanna Marin, plus jeune Première ministre d’Europe.
La prise de position officielle de l’exécutif marque la bascule de la ligne finlandaise, qui partage une frontière de 1300 kilomètres avec la Russie et un passé douloureux avec son puissant voisin.
La guerre en Ukraine
L’invasion de l’Ukraine par la Russie le 24 janvier a fait basculer rapidement l’opinion et les responsables politiques finlandais, tout comme en Suède, qui pourrait également annoncer rapidement une candidature.
En Finlande, 5,5 millions d’habitants, 76% de la population est désormais en faveur de l’adhésion, selon un sondage publié lundi, soit le triple de son niveau d’avant-guerre.
Une très large majorité des 200 députés au Parlement est acquise, avec des opposants tombés autour d’une dizaine, et la plupart des partis sont désormais favorables – le parti social-démocrate de Sanna Marin doit prendre position en dernier ce samedi.
Adhérer à l’Otan ne serait contre personne
"Adhérer à l’Otan ne serait contre personne", avait affirmé mercredi soir le président finlandais, en réponse aux mises en garde russes contre une entrée d’Helsinki dans l’alliance.
Pour le chef de l’Etat finlandais, longtemps un avocat du dialogue Est-Ouest, la Russie ne peut s’en prendre qu’à elle-même de voir son voisin rejoindre l’alliance.
Une neutralité forcée
Soumise à une forme de neutralité forcée par Moscou durant la Guerre froide, la Finlande avait adhéré à l’Union européenne et au Partenariat pour la Paix de l’Otan après la chute de l’Union soviétique, mais était restée non-membre de l’alliance.
Ancienne province russe (1809-1917) et envahi par l’Union soviétique en 1939, le pays partage une frontière d’environ 1300 kilomètres avec la Russie.
Tout en menant d’importantes consultations intérieures et internationales, le président Niinistö et la Première ministre Marin s’étaient abstenus jusqu’ici d’exprimer publiquement leur préférence dans ce dossier.