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Finlande : une coalition avec la droite nationaliste possible mais difficile après la défaite de Sanna Marin

Par Mathieu Van Winckel

La première ministre sortante vient de reconnaître sa défaite à quelques voix près. Sanna Marin a marqué les esprits à l’international mais elle n’a pas fait le poids face à la droite qui a choisi de l’attaquer sur les questions budgétaires et économiques. Les résultats donnent trois partis dans un mouchoir de poche. Le parti de droite de Petteri Orpo, le parti d’extrême droite "les Finlandais" et les sociodémocrates de la Première ministre sortante, tous autour de 20% des voix. Petteri Orpo aura la main pour construire la future coalition.

S’allier avec Sanna Marin semblerait être la solution la plus simple. Mais toutes les options sont encore sur la table. D’autant que la droite a martelé les socialistes de critiques pendant la campagne. Le potentiel futur Premier ministre, Petteri Orpo, a déjà expliqué que le parti de Finlandais ne représentait pas, à ses yeux, un mouvement d’extrême droite. Le parti est pourtant clairement eurosceptique et anti-immigration. Mais la porte reste donc ouverte. À sa tête, Riikka Purra s’est félicitée du meilleur résultat électoral de l’histoire du parti nationaliste.

Petteri Orpo président du parti de droite "La coalition nationale" observe les résultats des élections,
Petteri Orpo président du parti de droite "La coalition nationale" observe les résultats des élections, © Lehtikuva

Il faudra de toute façon choisir un troisième plus petit parti pour obtenir la majorité. L’alliance des gauches, les verts et/ou le "Parti du peuple" qui représente les Finlandais qui parlent suédois. Ces trois partis ont ouvertement exprimé leur refus de collaborer avec "Les Finlandais". La méfiance envers les nationalistes reste donc un obstacle important pour leur accession au pouvoir.

© AFP Heikki Lehtikuva

Aucun changement prévu sur la scène internationale

La formation d’un gouvernement finlandais prend traditionnellement plusieurs semaines, voire des mois. Sanna Marin devrait donc assurer l’intérim la semaine prochaine lorsque la Finlande va officiellement adhérer à l’Otan. Quelle que soit la majorité qui se dégage de ces élections, l’adhésion à l’OTAN ne sera pas remise en question. Tous les grands partis, y compris "Les Finlandais" se sont positionnés pour l’organisation depuis le début de la guerre en Ukraine.

Pour imaginer la Finlande de demain, on peut se baser sur cette déclaration du probable prochain Premier ministre Petteri Orpo : " Je fais confiance à la tradition finlandaise pour négocier avec tous les partis, avec tous les partis, et essayer de trouver le meilleur gouvernement majoritaire possible pour la Finlande. Et vous savez ce qui est important pour nous ? C’est que nous sommes un membre actif de l’Union européenne, que nous renforçons l’OTAN-Finlande et que nous réparons notre économie : nous stimulons notre croissance économique et créons de nouveaux emplois."

Europe, Otan, croissance économique. Cela ne nous dit pas avec qui la droite s’alliera, mais voilà probablement les trois mamelles du prochain gouvernement finlandais. Dans cette déclaration, aucune trace des volontés des "Finlandais" de limiter l’immigration. Est-ce un signe ? Pas sûr. Les nationalistes pourraient se contenter d’une recherche de plus de croissance économique et de lutte contre la délinquance.

Riikka Purra présidente du parti nationaliste "Les Finlandais"
Riikka Purra présidente du parti nationaliste "Les Finlandais" © AFP or licensors

Sanna Marin à la tête de l’OTAN ?

Alors quel avenir attend la Première ministre sortante ? A notoriété à l’étranger pourrait la pousser vers un avenir international. Et pourquoi pas prendre la tête de l’OTAN ? Fin septembre, le Norvégien Jens Stoltenberg quittera son poste de secrétaire général de l’organisation. Sanna Marin pourrait alors devenir la première femme à prendre la tête de l’OTAN. D’autant qu’elle incarne une ligne dure contre la Russie depuis l’invasion de l’Ukraine. Reste à voir si la Finlande n’est pas un peu trop jeune au sein de l’organisation pour pouvoir revendiquer la plus haute fonction. Peut-être alors Bruxelles et la Commission européenne ? Les élections sont attendues pour 2024.

Sanna Marin ancienne Première ministre se cherchera peut-être un poste à l’international
Sanna Marin ancienne Première ministre se cherchera peut-être un poste à l’international © Lehtikuva

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