Prix de l'énergie

Flambée des prix de l’énergie : Charles Michel monte au créneau et presse la Commission européenne

Le président du Conseil européen, Michel Charles, demande de réponses rapides à la hausse des prix de l’énergie.

© (Photo by CHRISTIAN HARTMANN / POOL / AFP)

03 sept. 2022 à 07:12Temps de lecture3 min
Par Sandro Calderon et Olivier Hanrion

C’est la rentrée politique sur la scène européenne. Une rentrée bouillante. L’inflation atteint des records, tirée par l’envolée des prix de l’énergie. L’Europe doit réagir vite. C’est le sens du message délivré par Charles Michel, ce 2 septembre devant plusieurs médias européens. "On ne peut plus attendre", insiste le président du Conseil européen qui demande une réponse urgente à la hausse des prix de l’énergie.

Le sujet n’est pas nouveau. Il y a un an, il se trouvait déjà sur la table des dirigeants européens. La relance de l’économie après la crise du Covid-19 avait suscité de nombreux problèmes d’approvisionnement dans les entreprises. L’invasion russe de l’Ukraine est venue accélérer le mouvement en enflammant les prix de l’énergie.

Une réponse européenne insuffisante

Face à cet enjeu, les 27 ont articulé leur réponse sur trois axes. Il y a d’abord eu un effort sur la demande. En juillet, les Etats-membres ont accepté de réduire de 15% leur consommation de gaz. "Mais il faut aller plus loin" et réduire encore plus la consommation d’électricité, souligne Charles Michel. Il y a également eu un travail sur l’approvisionnement en gaz. Avec un objectif de sécuriser les stocks dans l’Union européenne. Les réserves devaient atteindre au moins 80% des capacités de stockage d’ici novembre. L’objectif est déjà atteint, se félicitait cette semaine Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission.

Loading...

Reste le troisième chantier. Les prix de l’énergie. Et là, Charles Michel se montre insatisfait. Il met la pression sur la Commission européenne qui, selon lui, tarde à faire des propositions concrètes. Le président du Conseil rappelle les demandes répétées lors des sommets européens de mars, d’avril, de mai. "On ne peut plus attendre. Ce n’est pas réaliste", insiste-t-il. Car la situation est critique : le prix du gaz a été multiplié par 10, voire par 12 en un an. Et comme en Europe le prix du gaz détermine le prix de l’électricité, la facture des consommateurs explose.

Un dossier compliqué mais pas insurmontable

Certes le dossier est compliqué, ultra-technique même, mais "les difficultés techniques, c’est le quotidien de l’Union européenne", tacle Charles Michel. Pour le président du Conseil, cette inertie est plutôt le fruit de l’idéologie dominante dans la bureaucratie européenne. Jusqu’ici l’administration de la Commission pouvait considérer qu’il fallait laisser les énergéticiens profiter de cet effet d’aubaine sur les prix. Dans la foulée ils investiraient ces profits dans le renouvelable. Et tant pis, si les consommateurs devaient en payer les conséquences… Un non-sens, voire une question existentielle pour l’UE : "Notre responsabilité en tant qu’Union européenne, notre ambition politique, c’est le bien-être de la population. Si nous ne parvenons pas à le garantir, là nous aurons un problème de légitimité et de soutien démocratique. Nous devons tout faire pour maintenir et garantir la cohésion de nos sociétés. Et nous devons le faire aujourd’hui, pas demain ou après-demain".

Une réaction d’autant plus urgente est nécessaire car en cherchant à atténuer les effets des hausses des prix de l’énergie, les Etats-membres aussi se sont endettés. Ce sont quelque 280 milliards d’euros d’argent public qui ont ainsi été dépensés.

Charles Michel juge que la Commission européenne n’est pas assez rapide pour faire des propositions qui freinent la hausse des prix de l’énergie.
Charles Michel juge que la Commission européenne n’est pas assez rapide pour faire des propositions qui freinent la hausse des prix de l’énergie. © (Photo by Olivier Matthys / POOL / AFP)

Cela dit Charles Michel veut rester optimiste. Il voit un changement progressif dans l’attitude des Etats-membres qui jusqu’ici gardaient jalousement leurs prérogatives sur l’énergie. "C’est un peu comme au début de la crise du Covid" relativise le président du Conseil, "tout le monde estimait que la santé n’était pas une compétence européenne" mais au final, avec ses commandes groupées de vaccins, l’Union a su montrer qu’il était plus facile de surmonter cette crise à 27. Il pourrait en être de même à l’avenir avec le gaz.

Mais pour cela, il faut que les 27 restent unis. Solidaires. C’est ce qu’ils ont fait jusqu’à présent estime Charles Michel. Face à l’invasion russe, ils ont affiché un soutien ferme à l’Ukraine, sur le plan financier, politique et militaire. "C’est ensemble qu’ils ont validé tous les paquets de sanctions contre la Russie, ensemble qu’ils ont accordé à l’Ukraine le statut de pays candidat à l’UE". Et même si quelques brèches apparaissent aujourd’hui sur cette belle façade d’unité avec la Hongrie notamment qui n’hésite pas à prendre le contrepied de ses partenaires européens face à la Russie, le président du Conseil relativise. "L’unité européenne est rarement spontanée" mais elle reste notre meilleure arme face à l’autoritarisme.

Inscrivez-vous aux newsletters de la RTBF

Info, sport, émissions, cinéma...Découvrez l'offre complète des newsletters de nos thématiques et restez informés de nos contenus

Sur le même sujet

Articles recommandés pour vous