Prix de l'énergie

Flambée des prix de l’énergie : comment en est-on arrivé là ?

© © Tous droits réservés

Les prix de l’énergie connaissent des sommets. Gaz, électricité, carburants battent des records et frappent le portefeuille des consommateurs. Que s’est-il passé ? La guerre en Ukraine, dernier épisode en date, a aggravé une situation déjà difficile. En effet, dès l’atténuation de la crise liée au Covid, la reprise économique s’est accompagnée d’une forte augmentation des prix des produits énergétiques.

En 2021, le retour de la croissance accompagné d’une forte demande en gaz

Le Covid et les mesures sanitaires qu’il a entraînées ont ralenti l’économie mondiale. Cela a engendré un tassement des prix au printemps 2020. En revanche, dès le début de cette même année, l’augmentation des prix a repris et s’est accélérée en 2021. Fin février 2021, beaucoup de prix avaient retrouvé leur niveau d’avant Covid.

Le prix du gaz, lui, n’a fait que grimper pour atteindre des sommets, déjà fin 2021, alors que l’on ne parlait pas encore de guerre en Ukraine.

Pourquoi le prix du gaz a-t-il flambé ? D’abord parce qu’il est apparu comme une source de production idéale d’électricité, plus intéressante que le charbon, surtout lorsqu’il s’agit de polluer moins.

En 2021, l’Asie, en pleine reprise économique, s’est emparée d’une partie des stocks de gaz naturel liquéfié (GNL) disponibles. Japon, Corée et Chine sont de gros consommateurs de ce produit. La Chine est même le plus gros importateur mondial de GNL. Cela a donc déjà entraîné les prix à la hausse.

L’explosion a véritablement eu lieu à l’automne 2021. Après l’Asie, c’est l’Europe qui a retrouvé le chemin de la reprise économique post-covid, de quoi peser un peu plus sur les cours mondiaux.

Pour ne rien arranger, l’offre de gaz s’est contractée en 2021. En Europe, les stocks de gaz étaient bas. L’incendie d’un gazoduc en Russie, des travaux de maintenance plus longs que prévu sur des installations gazières en Russie et en Norvège ont empêché ces pays de produire plus pour répondre à la demande. Cela a donc pesé sur les prix du gaz qui se sont envolés. En Europe, en 2021, il n’a fallu que six mois au gaz pour voir son prix être multiplié par quatre.

Le prix de l’électricité a aussi grimpé en 2021, influencé par les cours du gaz

Depuis la reprise de l’activité économique, les prix de l’électricité ont, eux aussi, suivi l’évolution des prix des matières premières.

Après l’arrêt "Covid" du printemps 2020, la demande en électricité est repartie à la hausse. Les prix se sont aussi remis à grimper.

Le prix de l’électricité a particulièrement été influencé par celui du gaz car les deux sont étroitement liés.

Lorsque le nucléaire et les énergies renouvelables ne suffisent pas à alimenter le réseau électrique, d’autres moyens de production, d’autres centrales, entrent en fonctionnement. En Europe, c’est le prix facturé par la dernière centrale à se mettre en route qui devient le prix du marché. Actuellement, ce sont les centrales au gaz qui sont les dernières à produire pour alimenter le réseau et qui donc fixent le prix du marché. Le gaz étant de plus en plus cher, le prix de l’électricité flambe lui aussi.

Une plus faible production éolienne, des travaux de maintenance sur certaines centrales, notamment une grande partie du parc de réacteurs nucléaires français, ont aussi contribué à ce que la demande en électricité produite par des centrales au gaz augmente.

Pour ne rien arranger, l’augmentation du prix des quotas d’émission de CO2 dans le cadre du système européen d’échange de quotas d’émission, prévue dans le cadre du verdissement de l’économie a alourdi le coût de production de l’électricité, relevait la Banque Nationale en mai dernier.

Les prix du pétrole, eux, ont aussi augmenté de manière continue depuis janvier 2021.

L’attaque russe contre l’Ukraine a tout aggravé

Depuis février dernier et le début de la guerre en Ukraine, l’augmentation des prix des produits énergétiques s’est poursuivie et accentuée.

Avant la guerre, le gaz russe représentait environ 40% des importations de gaz en Europe. Le conflit russo-ukrainien n’a pas stoppé ces importations, mais l’approvisionnement de l’Europe en gaz russe a chuté drastiquement, de près de 60%.

L’Union européenne a pris des sanctions contre la Russie et les oligarques. De son côté, la Russie a exigé que les Européens payent en roubles le gaz acheté en Russie. Devant le refus des Etats de l’Union européenne, la Russie a réduit ses exportations de gaz vers certains pays et les a stoppées vers d’autres.

Avant l’hiver 2022-2023, l’Europe doit trouver des alternatives au gaz russe et garantir son approvisionnement. Acheter du gaz aux Etats-Unis, ou importer du Gaz Naturel Liquéfié des pays du Golfe ou d’Océanie se fait à un prix plus élevé et contribue à faire grimper les cours du gaz avec toutes les conséquences que cela peut avoir, notamment sur le prix de l’électricité.

Sur le même sujet

Ces dix petits gestes pour économiser 2600 euros d’énergie par an

Belgique

Prix de l’énergie : l’opposition très critique sur les résultats du comité de concertation

Politique

Articles recommandés pour vous