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FN Meka, le robot-rappeur, a été abandonné par son label accusé de racisme

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Le 14 août, le label Capitol Records annonçait avoir signé FN Meka, un rappeur alimenté par une IA. C’est une première et pour fêter ça, le robot-rappeur a divulgué son premier single, "Florida Water", en collaboration avec Gunna et Clix. Mais suite à des accusations de racisme, le label a abandonné FN Meka.

Peu de temps après avoir été qualifié de "premier artiste virtuel au monde à signer avec un gros label", FN Meka a été abandonné par Capitol Records qui a annoncé le 23 août avoir "rompu les liens" avec le robot-rappeur suite aux accusations portées par Industry Blackout, un groupe d’artistes activistes. Lesdites accusations soulignent la perpétuation de stéréotypes et l’appropriation de la culture noire.

Dans un communiqué, via Billboard, Capitol Music Group a annoncé avoir rompu les accords récemment signés et a présenté ses excuses. "Nous présentons nos plus sincères excuses à la communauté noire pour notre insensibilité à signer ce projet sans poser suffisamment de questions sur l’équité et le processus créatif qui le sous-tend. Nous remercions ceux qui nous ont fait part de leurs commentaires constructifs au cours des deux derniers jours – votre contribution a été inestimable lorsque nous avons pris la décision de mettre fin à notre collaboration avec le projet.", pouvons-nous lire d’après MusicTech.

Il est vrai que FN Meka, initié par Anthony Martini et Brandon Le, utilise le N-Word de manière décomplexée et est même victime de violences policières. Le rappeur virtuel, qui ne subit en aucun cas les oppressions qui poussent les Noirs à lever le poing et à scander des slogans pour rappeler que leurs vies comptent, semble s’en amuser dans ses clips. Dans une lettre ouverte publiée sur Twitter, le groupe Industry Blackout affirme que "Cette effigie numérique est une abomination négligente et irrespectueuse envers de vraies personnes qui font face à de vraies conséquences dans la vraie vie."

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Le groupe d’activistes décrit également le personnage "de caricature qui est une insulte à la culture noire" et "d’amalgame de stéréotypes grossiers, d’appropriation de manières qui dérivent des artistes noirs, avec des insultes infusées dans les paroles."

La lettre se conclut par une demande d’excuses publiques et de retrait de FN Meka et ce, de toutes les plateformes. Capitol Records et le label virtuel d’Anthony Martini et Brandon Le, Factory New, sont également appelés à reverser tous les bénéfices générés par FN Meka à des œuvres caritatives soutenant la jeunesse noire dans les arts ainsi qu’à des musiciens noirs signés par Capitol.

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La problématique des influenceurs virtuels

Tout comme les artistes qui se démènent pour faire entendre leur musique, les mannequins travaillent beaucoup et parfois dans des conditions difficiles afin de décrocher de bons contrats. Alors qu’ils se donnent du mal (surtout ceux issus d’une minorité), des influenceurs et mannequins virtuels comme Shudu, Noonoouri ou encore Miquela enchaînent les partenariats.

1) Shudu

Créée par Cameron James Wilson, Shudu est un mannequin virtuel dont le succès est mal perçu par bon nombre de personnes. En effet, initiée par un homme blanc qui peut la façonner selon ses goûts, le top représente un fantasme. En l’occurrence, l’attribution de la peau d’ébène à Shudu n’est pas anodine ; dans le secteur de la mode, les peaux foncées servent à symboliser l’exotisme et sont considérées comme une tendance.

Par ailleurs, Rihanna s’est pris un tollé lorsqu’elle a collaboré avec Shudu pour Fenty Beauty. Les critiques stipulent que Riri aurait pu proposer cette collab à des vraies femmes noires comme Jasmine Tookes, Duckie Thot, Adut Akech, Jourdan Dunn… pour qui c’est parfois difficile de décrocher des contrats.

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2) Noonoouri

Tout comme Shudu, Noonoouri essuie les critiques. D’une part, parce qu’elle se décrit comme une activiste vegan mais enchaîne les collaborations avec de grandes marques comme Dior. D’autre part, parce que derrière l’influenceuse chinoise, se cache aussi un homme blanc, Joerg Zuber.

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3) Miquela

C’est l’influenceuse virtuelle que les marques s’arrachent. Crée par Trevor Mc Fredies et Sara DeCou, Miquela est également une chanteuse et une militante notamment pour les droits LGBT. Sa campagne avec Calvin Klein a été plongée au cœur d’une controverse. En effet, un cliché montrant Miquela échanger un baiser avec Bella Hadid a été perçu comme du queerbating (pratique marketing qui consiste à attirer la communauté LGBTQ en lui faisant croire que la marque la représente). Les représentants de CK se sont ensuite excusés.

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