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Folklore étudiant : comment encadrer les activités afin d’éviter les dérapages ?

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06 sept. 2022 à 09:28Temps de lecture3 min
Par Alain Lechien avec Sophie Brems

Comment éviter les dérapages lors des activités folkloriques étudiantes ? Une journée de réflexion se déroule ce mardi à l’université de Namur, à l’initiative de la ministre de l’Enseignement supérieur, Valérie Glatigny. Focus sur la charte qui encadre ces activités estudiantines et qui est en cours d’écriture actuellement.

Sarah Vandeven, présidente du Conseil Inter Régionales, chargé d’organiser et de veiller au bon déroulement des activités du baptême à l’UNamur, explique sur La Première que "l’intérêt principal, c’est bien évidemment d’appuyer certaines valeurs, comme la solidarité, la camaraderie, l’ouverture, mais aussi de découvrir certains folklores, comme le folklore namurois et plus précisément le folklore de sa ville et d’autres régions aussi. Ça va permettre à d’autres personnes de se dépasser, par exemple pendant des épreuves sportives, ou de permettre de se créer vraiment un groupe d’amis. Ces liens sont assez forts parce qu’on vit justement tout ce mois de baptême tous ensemble, donc on a vraiment des très gros liens et une très grosse solidarité entre nous après. Ça permet donc aussi de découvrir plein de personnes et de s’intégrer au sein de l’université, surtout quand on arrive en première, c’est complètement différent des secondaires. On découvre un monde plus grand, et ça permet vraiment de s’intégrer. Ce n’est pas nécessaire, mais ça peut permettre d’aider des personnes à vraiment s’intégrer et à se créer beaucoup d’amis".

Encadrement et débit de boissons

Les activités folkloriques sont souvent des activités où l’on boit beaucoup.

Sara Vandeven répond : "Je pense que c’est une fausse idée. Durant le baptême, on interdit aux personnes qui y participent et aux organisateurs de boire, parce que ça peut justement inciter à certains débordements et ce n’est pas du tout ce qu’on recherche. On cherche vraiment que les événements de baptême soient encadrés. Donc, durant les bleusailles, les bleus ou les comitards ne peuvent pas boire. Ces accidents peuvent être dus à la boisson, mais ce ne sont pas des personnes qui organisent les événements. Ces personnes sont sanctionnées si elles ne respectent pas certaines règles, car il s’agit quand même d’un événement où beaucoup de personnes participent, donc il faut que ce soit bien encadré. L’encadrement et l’organisation sont très minutieux et on organise ça des mois à l’avance pour qu’on soit paré à toute éventualité".

Ces activités "sont très encadrées", insiste-t-elle : "Les forces de l’ordre sont au courant de nos événements afin d’agir le plus rapidement possible en cas de souci, qui peut aussi venir de l’extérieur. Et l’organisation est vraiment très carrée. Le Conseil Inter Régionales sait où chaque régionale fait sa bleusaille, on fait des rondes pour que tout soit très bien chapeauté et qu’il n’y ait aucun souci, ou du moins le minimum".

Sarah Vandeven
Sarah Vandeven RTBF

#MeToo

Le mouvement #MeToo a atteint ces activités, selon elle : "D’ailleurs, cette année, on a décidé de faire une formation sur le consentement grâce à l’ASBL O’YES. Dans chaque comité, un couple mixte sera formé sur la question du consentement afin d’avoir une personne de référence si un bleu ou une bleuette se sent offensée lors de la bleusaille ou en dehors, ce qui va permettre vraiment d’ouvrir la parole en cas de problème. Bien évidemment, ces problèmes restent assez exceptionnels, en tout cas pour ma part. Mais ça permettra d’avoir une personne de référence qui permettra d’écouter la personne sans jugement. Et plus haut, donc au niveau du Conseil Inter Régionales, on est un team très égalitaire au niveau des sexes et ça permet vraiment d’avoir ce côté extérieur aussi au comité. Du coup, les personnes qui n’osent peut-être pas aller voir leur comité peuvent venir nous voir et on met en place un petit formulaire, qu’on pourrait appeler un formulaire de confiance. Donc, si la personne est timide ou n’ose pas venir directement se confier à nous, elle pourra venir compléter le petit formulaire en ligne et prendre contact avec nous via les plateformes. C’est peut-être plus simple si la personne est timide ou si elle a peur de notre réaction".

Sara Vandeven a elle-même été baptisée : "J’ai trouvé que c’était une expérience très enrichissante. Pour ma part, j’ai découvert beaucoup de choses et je me suis fait beaucoup d’amis. J’avais moi-même un a priori sur le baptême, mais après l’avoir vécu, tous ces a priori sont totalement partis".

Mais elle peut comprendre que ces activités soient remises en question, "mais après, il faut garder un esprit assez critique vis-à-vis des médias, je pense, et il faut venir en parler directement. Si les personnes ont des a priori, on est là pour ça, on est là pour les rassurer. Si elles ont mal vécu quelque chose durant leur baptême, on est aussi là pour qu’elles viennent se confier à nous et qu’on puisse les rassurer et, en cas de débordements, sanctionner".

MAXIME ASSELBERGHS / Belga

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