Jupiler Pro League

Foot et brouillard : le règlement fédéral est-il si brumeux que ça ?

Mehdi Bayat

© VIRGINIE LEFOUR - BELGA

L’imbroglio créé par l’interruption, pour cause de brouillard, du match Charleroi-Malines repose la question de la pertinence du règlement de l’Union Belge. A Charleroi, à Malines, à la Fédération, chacun y va de sa propre version… forcément conditionnée par l’intérêt de chacun. Mais le règlement fédéral est-il si inadapté. Tentative d’éclairage.

C’est l’image classique de l’Union Belges et de ses règlements : de vieux et gros grimoires poussiéreux s’étalant sur nombre d’étagères et dont les milliers de pages permettent toutes les interprétations. Sauf que tout a bien changé : ces dernières années, des juristes du football ont grandement simplifié les textes, 250 pages aujourd’hui au total, et 60 pages pour le football professionnel.

Place au bon sens

Le règlement belge n’est pas moins bon, ni meilleur qu’à l’étranger, où des polémiques éclatent aussi. Le règlement parfait n’existe d’ailleurs pas : impossible de prévoir tous les cas de figure. Un texte trop rigide ne laisserait aucune place à la concertation ou au simple bon sens, souvent efficace en sport. Inversement, trop de place pour l’interprétation serait autant de portes ouvertes pour les avocats en tous genres. Ce dont personne ne se prive du reste en Belgique.

Car ce qui pose souci chez nous, ce n’est pas tant le règlement mais la manière dont les clubs l’attaquent systématiquement. Depuis l’arrêt Bosman, le foot belge est miné par une culture de la contestation et de la polémique.

Cumul de casquettes

Et les instances ont perdu leur nécessaire autorité puisqu’elles sont elles-mêmes rongées par les doubles casquettes : Mehdi Bayat cumule présidence de l’Union Belge et de Charleroi, Peter Croonen est le patron de Genk et de la Pro-Ligue. Ajoutez les multiples appels possibles (évocation, CBAS, tribunaux civils) et l’incapacité à prendre des décisions rapides : bienvenue au chaos.

En résumé, le souci du foot belge, c’est surtout le manque d’éthique des acteurs vu l’absence d’arbitre fort et indépendant. Et comme à l’école, quand le surveillant est absent, la cour de récréation prend feu.

 

Inscrivez-vous aux newsletters de la RTBF

Info, sport, émissions, cinéma...Découvrez l'offre complète des newsletters de nos thématiques et restez informés de nos contenus

Articles recommandés pour vous