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Jam

Fort Romeau : L’électro en altitude

Michael Greene, l'homme qui se cache derrière Fort Romeau.
19 févr. 2022 à 01:572 min
Par Nicolas Alsteen

Planqué sous un nom de scène qui évoque la poudreuse et les sauts à ski, le producteur britannique Michael Greene sort le grand jeu sur le nouvel album de Fort Romeau. Exercice de style complet, "Beings of Light" entrevoit les sommets de l’électro avec des morceaux techno infusés d’ambient, de house et de disco. Voici l’une des bonnes surprises de ce début d’année.

Face au tour de force réalisé sur "Beings of Light", il s’agit de souligner les capacités d’adaptation de Fort Romeau. Quand Michael Greene a délaissé les platines de La Roux en 2012, il semblait en effet inimaginable de le voir escalader les sommets de la musique électronique en solo intégral. Dix ans plus tard, c’est pourtant tout là-haut, sur les cimes de la house et de la techno, que l’artiste s’impose avec panache.

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Confiné, libéré

Depuis quelques années, Fort Romeau s’épanouit plutôt sur des EP’s ou à travers des mixes servis à des artistes comme Ela Minus, Alt-J ou Gold Panda. Face à la pause imposée à toute la communauté du monde de la nuit, Michael Greene s’est toutefois vu dans l’obligation de repenser son mode de vie et ses méthodes de travail. Enfermé chez lui, isolé dans son studio d’enregistrement, l’artiste y a entassé plus de douze heures de sons. Soit une montagne de matières premières. Passées au peigne fin, condensées et retravaillées au millimètre près, ces bandes sonores servent à présent les intérêts de morceaux taillés sur mesure pour étriller les dancefloor.

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Image de marque

Comme souvent chez Fort Romeau, l'inspiration tient d’abord à la présence d’une image, d’une représentation visuelle ou d’une projection mentale. Pour concevoir, "Beings of Light", le producteur britannique s’est ainsi immergé dans une œuvre signée par l’artiste multidisciplinaire Steven F. Arnold, protégé de Salvador Dalí, connu pour ses représentations surréalistes : des tableaux vivants conçus à partir d'objets trouvés. Sur la pochette du nouvel album, l’œuvre en question (un cliché baptisé "Power of Grace") offre une ligne de conduite sombre et sophistiquée aux compos imaginées par Fort Romeau.

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Sons et lumières

Baptisé "Beings of Light", ce troisième album doit son titre aux convictions personnelles de Michael Greene. Face aux réalités d’un monde à l’arrêt, le producteur s’est en effet persuadé que le changement de paradigme devait d’abord venir des gens. C’est la théorie "Beings of Light" : chaque personne serait en mesure de rayonner à son niveau pour faire évoluer les choses à l’échelon international. À titre personnel, en tout cas, Fort Romeau ne fait pas les choses à moitié. Incisive et ultra percussive, la musique proposée sur ce troisième essai plonge au cœur d’un accélérateur de particules qui malaxe house, techno, kraut et disco. L’un des meilleurs cocktails de ce début d’année.

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