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« Fraises de Wallonie » : une concurrence pour les producteurs de Wépion ?

47 producteurs de fraises wallons se sont associés pour lancer ce nouveau label.
06 mai 2022 à 09:352 min
Par Louis Matagne

"Fraises de Wallonie", c’est le nouveau label qui s’invite dans nos assiettes ce printemps. L’initiative vient du Groupement des fraisiéristes wallons et regroupe actuellement 47 producteurs. L’adoption du label implique certains critères, comme de récolter les fraises à maturité, de cultiver en pleine terre et d’appliquer un prix juste au produit. Les producteurs, issus principalement du brabant wallon et du namurois, souhaitent ainsi gagner en visibilité sur un marché dominé par les producteurs flamands, et où de nombreuses appellations se font concurrence.

Mais justement ce label ne risque-t-il pas d’absorber ou de faire de l’ombre à d’autres produits, comme les fameuses fraises de Wépion, en Province de Namur ?

"Je ne vois pas du tout les choses comme cela, répond Bernard Van Coppenolle, administrateur du musée de la Fraise de Wépion et membre d’une famille de producteurs. De plus en plus d’agriculteurs wallons se diversifient en produisant des fraises, c’est une bonne chose en ces temps difficiles, et il y a de la place pour tout le monde !" Selon lui, l’aspect qualitatif et local des fraises de Wépion leur assure par ailleurs toujours une belle réussite, qu’un nouveau label ne menace pas.

A Wépion, on opterait pour l’IGP

A Wépion, pas besoin d'un label wallon pour vendre les fraises.
A Wépion, pas besoin d'un label wallon pour vendre les fraises. Benjamin Carlier

L’apparition d’un label se voulant fort et fédérateur devrait cependant, selon Bernard Van Coppenolle, accélérer la réflexion en cours, à Wépion, sur une demande de reconnaissance auprès de l’Europe. "Depuis 2018, nous sommes en réflexion pour demander une IGP, c’est-à-dire une indication géographique contrôlée. Que voulons-nous vraiment pour le consommateur en termes de fraise de Wépion ? Il est clair que nous ne pouvons pas nous reposer sur notre renommée, il est temps d’avancer sur cette question."

La réflexion est en cours, le cahier des charges en rédaction. Quelles variétés et quelles méthodes de travail privilégier ? Quelle zone définir ? Cela prend du temps. Car si les véritables producteurs wépionnais sont peu nombreux (moins de dix), ils sont souvent attachés à des philosophies de travail personnelles, parfois depuis plusieurs générations.

Pourtant, actuellement, les fraises de Wépion ne sont pas protégées, et un producteur étranger peut très bien utiliser le nom du village pour vendre ses fraises…

Benjamin Carlier

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