France: "Manifester pacifiquement expose au risque de violences policières", estime Amnesty International

Amnesty International estime que les mesures dédiée à contenir la prpagation du Covid-19 nuisent à la liberté de manifester
29 sept. 2020 à 13:05 - mise à jour 29 sept. 2020 à 13:05Temps de lecture2 min
Par M.F.

Dans un rapport de 63 pages publié ce mardi 29 septembre, Amnesty International dénonce des "arrestations arbitraires" ainsi que la loi, utilisée comme "arme de répression", lors de manifestations pacifiques. L’ONG estime que les personnes réprimées n’ont généralement pas commis d’infraction ou de délit et qu’il s’agit dès lors de restrictions des "droits à la liberté de réunion pacifique et à la liberté d’expression".

Selon l’organisation, ce sont plus de 40.000 personnes qui ont été sous le coup d’une condamnation "sur la base de lois vagues" en 2018 et 2019. Plus d’un quart d’entre eux ont été placés en garde à vue.

Cette période rassemble les nombreuses mobilisations sur la réforme des retraites en France mais aussi celles des gilets jaunes. Ce mouvement a été à l’origine de nombreuses manifestations partout en France. Parmi les manifestations à ce mouvement, de nombreux Belges avaient franchi la frontière pour soutenir les revendications des manifestants français. C’est le cas de Jessica, une Belge qui a elle aussi été arrêtée lors d’une manifestation à Paris le samedi 16 novembre 2019. La jeune femme affirmait avoir été interpellée sans avoir eu l’occasion de s’expliquer, pis avoir été en garde à vue pendant 56 heures. Deux autres belges avaient été arrêtés le week-end suivant.

Violences policières: témoignage d une belge arrêtée à la manifestation des gilets jaunes de Paris

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Condamnés pour des slogans

En 2019, 20.280 personnes ont été condamnées pour "outrage à l’encontre de personnes dépositaires de l’autorité publique", parfois uniquement pour des phrases inscrites sur des pancartes. Le rapport donne l’exemple de quatre arrestations datant de mai. Quatre personnes avaient été arrêtées car elles portaient une banderole où était écrit : "Oui au muguet, non au LBD (ndlr : Lanceur de Balle de Défense, les armes utilisées par les agents des forces de l’ordre français lors de manifestations)".

Amnesty indique que les thématiques liées aux violences policières ont été largement médiatisées contrairement à "l’acharnement judiciaire" contre des manifestants qui n’avaient commis aucune infraction. Pour illustrer son propos, l’organisation met en avant les histoires de 10 manifestants pacifiques. Parmi eux, Odile, la fondatrice d’une association pour personnes handicapées à Toulouse. Elle est sous le coup d’une interdiction de manifester et si elle ne la respecte pas, elle risque la prison.

L’ONG estime avec cette publication que "les autorités françaises ont restreint de manière disproportionnée le droit à la liberté de réunion pacifique entre 2018 et 2020". Elle pointe notamment les mesures restrictives dues au Covid-19 qui empêchent aussi les manifestations. Par exemple, l’interdiction de dissimuler son visage, incompatible avec l’obligation de porter le masque pour éviter les contaminations. "Les autorités françaises doivent cesser de transformer les manifestants en délinquants et modifier toutes les lois qui portent atteinte au droit de se réunir pacifiquement", conclut le document.

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