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France : pendant et après le confinement, le phénomène "No Bra" a fait sauter les soutiens-gorge

En France, elles seraient trois fois plus de femmes à dire ne plus vouloir porter de soutien-gorges.
23 août 2020 à 16:35Temps de lecture3 min
Par J.B. avec AFP

Les armatures d’un soutien-gorge ce sont des petites pièces métalliques qui viennent soutenir la poitrine dans un soutien-gorge. Très souvent, elles exercent une sorte de  pression mais qui a la fin de la journée peut quand même se ressentir comme étant pour le moins inconfortable. "Je me rappelle, quand j’en portais et que je l’enlevais à la fin de la journée, enfin voilà, ça faisait du bien d’enlever enfin le soutien-gorge avec toute son armature et tout, enfin voilà je me sens mieux sans en fait", explique Léa Ramsamy, étudiante.

Mais pour les femmes, en porter peut être vécu comme une forme de nécessité. Non pas spécialement pour une question de santé ou de maintien, mais principalement pour s’éviter des remarques dans l’espace publique, à cause de la "crainte du rappel à l’ordre", soulève Jean-Philippe Dubrulle, directeur d’études à l’institut de sondage Ifop. Selon une étude menée par l’institut, en France, trois fois plus de femmes auraient décidé d’abandonner le soutien-gorge après le confinement.

Un petit avantage du confinement

Le phénomène "No Bra" a pris de l'ampleur pendant et après le confinement, où finalement, le fait de ne  pouvoir sortir que lorsque cela était nécessaire a permis aux femmes de redécouvrir le quotidien sans devoir porter un soutien-gorge. Sans être confronté aux regards des autres dans la rue, plus besoin d’en mettre.

Des habitudes que certaines femmes ont finalement souhaité garder après le confinement. C’est le cas notamment de Léa Ramsamy, étudiante française. "Je suis allée me confiner chez une copine et quand j’ai fait ma valise, en fait c’est simple, je devais avoir encore trois soutiens-gorge c’est tout, que j’alternais, j’en ai pris qu’un et je ne l’ai quasiment jamais mis. Je sortais que pour faire mes courses et d’autres choses comme ça donc je n’en mettais pas".

Pendant le confinement, la jeune fille se rend compte qu’effectivement elle se sent mieux, plus à l’aise sans avoir à porter de soutien-gorge. "C’est un peu quelque chose d’imposé par la société, sauf que pendant le confinement on ne la voyait plus la société", explique la jeune femme.

Résultat, elle a pris l’habitude de vivre sans. Une habitude libératrice que Léa a décidé de poursuivre après le confinement. Durant tout l’été, elle n’en n’a plus porté. Il ne lui en reste d’ailleurs plus qu’un, "je ne l’ai pas mis depuis au moins trois mois, je pense. Deux ou trois mois en tout cas, et c’est sûr que tout l’été là, je ne l’ai pas porté", explique-t-elle, quitte à abandonner son top favori, "j’ai préféré le zapper plutôt que de mettre un soutien-gorge".

La crainte du "rappel à l’ordre"

Léa n’est visiblement la seule à s’être libérée des baleines, des armatures, bref du soutien-gorge. Selon une enquête Ifop menée en France, les femmes seraient désormais trois fois à désormais laisser leur soutien-gorge au placard.

"Alors ce qu’on a mesuré à la sortie du confinement, c’est qu’effectivement, cette période très particulière d’isolement à la maison avait été l’occasion d’un véritable boom de la pratique du No Bra, à l’échelle de l’ensemble des Françaises tout d’abord. Le nombre de femmes qui ont abandonné le soutien-gorge durant le confinement, il a été multiplié par 3 et plus encore chez les jeunes femmes, celles de moins de 25 ans, multiplié par 4 ou 5", explique Jean-Philippe Dubrulle, directeur d’études à l’institut.

L’autre tendance observée c’est que celles qui continuent à porter un soutien-gorge le font par crainte de remarques dans l’espace public, elles ne se sentent pas à l’aise à cause du regard des autres. Ce sont aussi les femmes plus âgées qui redoutent davantage ce jugement de la société explique l’expert. "Chez les femmes qui ne le pratiquent pas, le principal frein, c’est la crainte de faire l’objet de remarques. La crainte qu’on vous rappelle à l’ordre", indique-t-il.

Ainsi, Jean-Philippe Dubrulle relève que "ce n’est pas surprenant que ce soit les jeunes femmes qui pratiquent le plus le No Bra parce que ce sont celles qui sont le plus en rupture avec cette manifestation du patriarcat, de la culture du viol et de toutes ces injonctions qui pèsent sur le corps des femmes".

 

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