Belgique

François Desquesnes (Les Engagés) compare le gouvernement Di Rupo à un paresseux sur sa branche : "Quelle lenteur !"

L'invité de Matin Première: François Desquennes, chef de groupe « Les engagés » au parlement wallon

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

16 mai 2022 à 07:12Temps de lecture3 min
Par Alice Dulczewski sur base d'une interview de Thomas Gadisseux

Le nouveau mouvement les Engagés, issu du parti centriste cdH, a adopté samedi son manifeste "pour une société régénérée" lors d’un congrès national à Liège. Pour en parler, le chef de groupe des Engagés au Parlement wallon (dans l’opposition donc), François Desquesnes était l’invité de Matin Première.

Tout d’abord, à quoi veut ressembler le mouvement/parti Les Engagés ? "C’est un mouvement moderne résolument centriste et progressiste, qui pense qu’il n’y a pas de réponse simple à des problèmes complexes et qui est aux antipodes des extrémismes de gauche et de droite", souligne François Desquesnes. Ce mouvement qui vient à l’origine de l’ancien PSC (parti social-chrétien) n’a désormais plus de référence chrétienne, les Engagés assument une forme de laïcité.

"C’est normal dans une société où il doit y avoir une séparation entre l’Etat et les religions," déclare François Desquesnes. Par contre, continue-t-il, "il y a quelque chose qui nous singularise chez les Engagés. C’est que nous pensons que la dimension de chaque individu n’est pas que sur qu’on possède, mais aussi sur ce qu’on est. On estime que la dimension spirituelle, la recherche de quête de sens, fait partie de nos personnalités et que l’Etat doit en tenir compte".

Les anciens présidents du parti Joëlle Milquet et Benoît Lutzen n’étaient toutefois pas présents à ce congrès national. Est-ce un signe de rupture ? François Desquesnes admet "regretter qu’ils n’aient pas été présentés et pas participé au vote. Mais ils ont participé au débat interne préalable." Aussi, ajoute-t-il cependant, "j’étais positivement surpris de rencontrer de nouvelles personnes. C’est le signe qu’on est un mouvement moderne".

Quel avis sur l’action du gouvernement wallon ?

Le chef de groupe des Engagés au parlement wallon est également revenu sur l’action du gouvernement wallon PS-MR-Ecolo. Ce mercredi, le ministre-président Elio Di Rupo va prononcer son discours sur l’Etat de la Wallonie à la mi-mandat. Il y a un plan de relance très attendu, maintenant partagés par les partenaires sociaux. Dans l’opposition, quelle est la position des Engagés là-dessus ? François Desquesnes soupire : "Quelle lenteur, le gouvernement Di Rupo". Il va jusqu’à comparer l’actuel gouvernement wallon à un "paresseux sur sa branche […] un animal sympathique qui va dans la bonne direction, mais tellement lentement".

La forêt brûle et on regarde les choses passer

Il explique : "Il a fallu deux années et demi pour arriver à un plan de relance, qui avait été annoncé en avril 2020, avec une main tendue des partenaires sociaux, économiques, des syndicats et des associations environnementales. Au niveau climatique par exemple, on s’était engagé collectivement à -55% à l’horizon 2030. Mais la Wallonie n’a toujours pas de feuille de route, de mode d’emploi. Quel effort pour le logement, le transport ? La forêt brûle et on regarde les choses passer. "

"Sur l’enjeu climatique, c’est maintenant qu’il faut prendre les décisions," insiste François Desquesnes. Il donne un exemple : "La réforme fiscale automobile, pour avoir des voitures plus vertes, a été annoncée en septembre 2019, mais il n’y a toujours pas eu de réforme. Ils sont incapables de s’entendre alors que c’est un enjeu concret majeur."

Le gouvernement Di Rupo aura doublé la dette de la Wallonie

Le chef du groupe les Engagés au parlement wallon critique également la gestion de l’indemnisation des personnes victimes des inondations, plus précisément celles qui n’étaient pas assurées. "Le gouvernement avait dit : 'On va aider, y compris les non-assurés ou mal assurés'. Mais 9 mois plus tard, à peine 361 dossiers sur les 7000 demandes ont été traités", dénonce-t-il. "Le gouvernement a mis en place une réglementation qui est difficile à mettre en œuvre et pour laquelle on n’aide pas les personnes les plus précarisées à remplir leur dossier."

Finalement, François Desquesnes assène une dernière critique au gouvernement wallon quant à la gestion budgétaire. "La Cour des comptes dit au départ du gouvernement Di Rupo qu’il y avait 22 milliards de dettes. Elle annonce qu’à ce rythme de dépense, ce sera 45 milliards de dette en fin de législature. Ainsi, le gouvernement Di Rupo aura doublé la dette de la Wallonie." Pour François Desqueneses, c’est "gravissime" parce que c’est "aussi nous mettre à genoux devant les Flamands quand il faudra entrer dans un nouveau round de discussions".

Sur le même sujet

Les Engagés demandent d'enclencher la première phase du plan d'urgence énergie

Belgique

Les Engagés : une seule équipe en lice pour la présidence face à celle de Maxime Prévot

Politique

Articles recommandés pour vous