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Frasnes-lez-Anvaing : la CGSP maintient son préavis de grève "en attendant des actes"

Un comité de négociation en urgence s’est tenu ce mardi, quatre jours après l’action de grève menée par la CGSP devant les locaux de l’administration communale frasnoise.

© P.D.

08 févr. 2022 à 13:20Temps de lecture3 min
Par Pierre Buchkremer

La tension reste vive entre la CGSP et la majorité politique de Frasnes-lez-Anvaing. Après une action de grève menée vendredi dernier devant l’administration communale, syndicats et membres de l’exécutif frasnois se sont rencontrés ce lundi matin en comité de négociation d’urgence. Les deux parties se sont accordées sur un lot de mesures pour améliorer le bien-être au travail, mais la CGSP préfère attendre des changements concrets avant de lever son préavis de grève.

Le syndicat majoritaire dénonce une détérioration des conditions de travail du personnel communal, en particulier de son pôle ouvrier. "Le problème perdure depuis 2017", selon Pascal Douliez, secrétaire régional intersectoriel CGSP de la Wapi. En cause, la présence d’amiante au sein du dépôt communal et les infrastructures jugées inadaptées car trop rudimentaires : "Les collecteurs d’immondices sont dans l’obligation de retourner chez eux avec leurs vêtements de travail souillés. Ils n’ont qu’une douche à leur disposition qu’ils doivent se partager avec la trentaine d’ouvriers, ce qui est illégal…" Les syndicats (CGSP, CSC, SLFP) réclament d’urgence des travaux au dépôt communal et l’instauration de contrats de nettoyage et d’entretien pour les vêtements des ouvriers. Ces deux points sont à l’ordre du jour du conseil communal de ce mardi soir, lors duquel le budget sera voté. "C'était prévu", tient à préciser Carine De Saint-Martin. La bourgmestre s’est aussi dite prête à louer un nouveau container pour y installer des douches, mais la construction d’un nouveau dépôt ne fait pas partie de ses priorités. "Des infrastructures flambant neuves coûteraient, à la grosse louche, 2 millions d’euros. On a prévu la désignation d’un auteur de projet dans le prochain budget communal, mais on ne va pas se priver de travaux de voiries pendant des années pour un nouveau dépôt."

Autre point de friction : les problèmes de canalisation de l’Hôtel de ville frasnois. L’humidité qui en découle génère des infections pulmonaires chez les travailleurs, d’après un rapport de la Médecine de la Santé et du Travail. "Une employée a dû être écartée de son environnement professionnel à cause de ces problèmes d’humidité. Le travail ne doit jamais être une source d’infection sanitaire !", vitupère le syndicaliste.

La bourgmestre Carine De Saint-Martin (MR) se défend : "Une firme a été désignée dans le respect des marchés cadres pour réparer les canalisations. L’opérateur est venu six fois, car le problème persistait. Si M. Douliez se sent capable de les réparer, il est le bienvenu !" Quid des problèmes de santé causés par cette situation ? Là encore, la version maïorale dénote avec celle du syndicat : "Je ne suis pas médecin, mais on parle de quelqu’un qui fume trois paquets de clopes par jour…"

Ce pan du dossier "bien-être au travail" évolue toutefois dans le bon sens. Les syndicats ont pu constater l’avancement des travaux et les acteurs présents au comité de négociation ont aussi convenu qu’en cas de résurgence du problème, le personnel affecté pourrait travailler à distance.

"Si la bourgmestre ne change pas la teneur de son discours, l’escalade de conflits sociaux à Frasnes-lez-Anvaing deviendra inévitable"

Le comité de négociation a donc permis d’envisager une série de mesures, mais CSC et CGSP restent sur leurs gardes : "On a eu tellement de promesses à Frasnes qu’on se méfie", justifie Eric Dehon, permanent syndical CSC présent à la table des négociations. "S’il n’y a pas de changement concret dans les semaines à venir, la CSC se joindra aux actions de la CGSP."

Un comité de concertation de base consacré au bien-être au travail (CoCoBa) est fixé le 1er mars. Pascal Douliez requiert des changements en amont de la rencontre. "La bourgmestre a le destin de la paix sociale en main : si elle ne joint pas le geste à la parole, l’escalade de conflits sociaux à Frasnes-lez-Anvaing deviendra inévitable", avertit le secrétaire régional CGSP. Qui ne manque pas de préciser qu’il réserve "de belles surprises…"

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