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Frère et Sœur... En guerre

Pourquoi tant de haine ? Quel " crime " a bien pu commettre Alice pour être accueillie de la sorte, sous un déluge de reproches et de menaces, par son frère Louis lors de la veillée funèbre, au lendemain de la mort de son fils de 6 ans ?

Cela fait quinze ans qu’ils ne se parlaient plus et qu’ils prenaient soin de s’éviter. Réapparaître ainsi aujourd’hui alors qu’Alice n’a jamais cherché à connaître son neveu est pour Louis insupportable, inacceptable.

Cinq ans plus tard, voici qu’un autre drame – le terrible accident de la route dont ont été victimes leurs parents - les ébranle et fait se croiser leur route.

Si Alice a poursuivi une brillante carrière d’actrice, Louis, enseignant et écrivain réputé, a quant à lui tout abandonné pour se réfugier avec son chagrin et sa femme dans une ferme perdue dans les Pyrénées, loin du monde.  

Mais en ce moment dramatique où ils se relaient au chevet de leurs parents grièvement blessés, à l’heure où ils ne peuvent plus reculer, à leur corps défendant le temps est venu de crever l’abcès…

©Shanna Besson - Why Not Productions

Familles je vous hais

La famille est un vaste terrain d’exploration, et une source inépuisable d’inspiration pour les écrivains et les cinéastes en général, et pour Arnaud Desplechin en particulier qui y voit là le ferment et l’endroit de bon nombre de névroses.

Frère et Sœur, c’est un peu Un conte de Noël sur lequel le réalisateur français aurait posé une loupe, se focalisant sur la relation difficile qu’entretenaient dans ce film de 2008 Élisabeth et Henri Vuillard devenus ici Louis et Alice Vuillard… un patronyme récurrent, également présent dans Rois et Reine et Les fantômes d’Ismaël, et qui se présente comme un marqueur des films aux accents plus autobiographiques d’Arnaud Desplechin.

©Shanna Besson - Why Not Productions

Stupeur et tremblements

Ring de boxe, huis clos survolté, combat de coqs… Frère et Sœur est un peu tout cela à la fois qui voit un frère et une sœur se perdre dans une relation toxique et obsédante que chacun semble soigneusement entretenir au prix de pas mal d’anxiolytiques pour elle et d’une bonne dose d’alcool et de quelques trips à l’opium pour lui. L’entourage, des deux meilleurs ennemis au monde composant avec cet état de fait.

Pour ces deux egos surdimensionnés, la haine (l’autre facette de l’amour ?) semble agir comme un véritable carburant et se suffire à elle-même. Ce que la mise en scène sinueuse et inventive (flash-back, aparté face caméra, touche onirique, séquence western…) d’Arnaud Desplechin va s’employer à (dé)montrer.

Présenté cette année en compétition officielle au Festival de Cannes, ce psychodrame terriblement humain et romanesque porté par les formidables Marion Cotillard et Melvil Poupaud (les habitués du cinéaste) qu’accompagnent un surprenant Patrick Timsit et une parfaite Golshifthe Farahani est à découvrir sans attendre !

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