La passion selon...

Frida Kahlo, puissance inspiratrice pour de nombreux artistes et musiciens

© 2020 Anadolu Agency via Getty Images

13 avr. 2022 à 06:39Temps de lecture2 min
Par Xavier Falques

Frida Kahlo est une figure extrêmement populaire et l’est certainement encore plus depuis la sortie de son biopic avec Salma Hayek, en 2002. C’est une figure artistique, politique, tragique, mais c’est bien plus que ça, c’est une véritable source d’inspiration, pour la Femme indéniablement, d’ailleurs Diego Riviera disait à son sujet : "c’est la première fois dans l’histoire de l’art qu’une femme exprime avec une totale sincérité, dépouillée et féroce, les faits et détails qui concernent exclusivement les femmes".

Mais Kahlo, c’est aussi un modèle de résilience et de dépassement. Sa vie et son art sont une leçon qui nous permet de comprendre que la douleur peut être génératrice d’une création, peut s’intégrer à la recherche d’une complétion individuelle. Prenons pour exemple sa toile La colonne brisée de 1944.

On y voit un modèle que l’on comprend tout de suite être l’artiste. Le corps du modèle, à moitié nu, est piqué de clous. Elle pleure, elle souffre. Et pourtant, elle n’est pas abattue, son corps est droit, son visage, bien que légèrement d’angle, laisse percer un regard qui fixe le spectateur, comme une manière de dire, "je souffre, mais je resterai debout".

© PEDRO PARDO / AFP

En suivant le tracé des larmes sur ses joues, on regarde enfin ce que l’œil tout de suite avait vu, mais n’avait peut-être pas eu le courage de regarder. Le corps de l’artiste, insoutenablement déchiré en deux parties, deux parties qui ne tiennent ensemble que par la pression d’un corset orthopédique. En son centre, en lieu et place de la colonne vertébrale, une véritable colonne de marbre apparaît, mais celle-ci est brisée, elle tient, mais elle a subi l’épreuve du temps, l’épreuve de la vie…

Enfin, en descendant encore, on comprend les puissances paradoxales qui se dégagent de l’œuvre, une œuvre qui suggère à la fois l’immobilité et le mouvement. L’immobilité d’un corps qui ne peut garder qu’en lui la tension qui l’anime et, d’abord, à l’arrière-plan, un mouvement lent ; celui du paysage ; et ensuite, à l’avant-plan, un mouvement rapide, celui du vent qui souffle sur un voile qui couvre le corps, un voile qui ne semble tenir que par la force et la volonté des mains, et seulement, des mains du modèle.

Voilà un chef-d’œuvre qui est à la fois peinture et leçon de vie… Mais Frida ne puise pas uniquement son inspiration en son être, riche et diversifié, parfois loin de cette colonne brisée. Elle puise aussi dans son environnement, dans sa terre, sa culture, sa musique. Il existe bien des œuvres de Frida qui font appel d’une manière ou d’une autre à la musique et notamment à la musique populaire mexicaine. Mais soyons honnêtes, Frida est plus Euterpe que l’inverse. Et parmi les musiciens qui s’en sont inspirés, on trouve Robert Xavier Rodriguez, compositeur américain qui travaille beaucoup sur la culture musicale mexicaine et qui compose d’ailleurs en 1991 un opéra sur la vie de Frida.

Mais comme ici, il s’agit d’évoquer la puissance inspiratrice de la figure de Frida, restons hors du prosaïque et pour un moment voyons en Frida, la déesse aztèque Xochiquetzal, celle qui donne aux Hommes le don de la musique et de la danse…

La Passion selon Xavier

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