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Fusillade de la Place Saint-Lambert : le chef de la police de Liège réagit après la plaidoirie du SPF Intérieur et Justice

Le chef de la police Christian Beaupere photographié lors d'une conférence de presse suite aux émeutes dans le centre ville de Liège, dimanche 14 mars 2021.
16 févr. 2022 à 18:37Temps de lecture3 min
Par Belga

Christian Beaupère, le chef de corps de la police de Liège, a tenu à réagir, mercredi après-midi par voie de communiqué, aux propos tenus mardi matin au tribunal civil de Liège par les avocats de l'Etat Belge, tels qu'ils ont été rapporté par une certaine presse, qui a remis en cause le travail de la police liégeoise dans l'affaire de la fusillade de la place Saint-Lambert, qui s'est déroulée le 13 décembre 2011. Selon le commissaire, ses agents n'ont pas manqué à leurs devoirs. Ils ont obtempéré à l'injonction d'un magistrat d'interpeller Nordine Amrani; dans les limites de leur mandat, et dans les délais impartis pour effectuer ce genre de mission, ils l'ont dûment convoqué, ce qui a d'ailleurs déclenché la folie meurtrière et suicidaire de l'intéressé.

Le jour du drame, à 12h32, Nordine Amrani était en liberté conditionnelle lorsqu'il a ouvert le feu depuis la plateforme surplombant la place Saint-Lambert, avec un fusil d'assaut et des grenades. Cinq personnes ont été tuées et plus d'une centaine blessées. La veille, il avait également tué son aide-ménagère. L'assaillant a ensuite mis fin à ses jours, se tirant une balle dans la tête.

A la suite de cette affaire, les proches des victimes ont décidé d'attaquer l'État belge devant le tribunal civil de Liège, considérant qu'il a une part de responsabilité dans la fusillade du 13 décembre 2011. La plaidoirie s'est tenue mardi matin. Les proches des victimes souhaitent que l'État belge reconnaisse avoir commis une erreur pour éviter un nouveau drame. Leurs avocats ont notamment pointé les manquements du tribunal de l'application des peines dans l'accord de la libération conditionnelle de Nordine Amrani. 

Le ministère de la Justice et de l'Intérieur estiment qu'aucune faute n'a été commise de leur côté, mais l'avocat du SPF Intérieur a expliqué que la police locale aurait dû directement interpeller Nordine Amrani chez lui.

La police a procédé sans faille et rapidement à tous ses devoirs en respectant les procédures en vigueur

Mercredi après-midi, le chef de corps de la police de Liège s'est dit stupéfait de cette accusation. Christian Beaupère a tenu à préciser que "sa police a procédé sans faille et rapidement à tous ses devoirs en respectant les procédures en vigueur."

Le responsable de la police liégeoise a également souhaité revenir sur le travail de la police et  son implication dans cette affaire. "Le vendredi 2 décembre 2011, le parquet a envoyé une apostille à la police locale de Liège 'pour interpellation et audition circonstanciée, privation de liberté et avis' à mon office", indique-t-il dans un communiqué.

"Cette apostille ne vaut pas mandat d'amener, appelé 'ordre d'arrestation' par les journalistes. Cette apostille signifie que la police dispose de 21 jours pour auditionner l'auteur et le priver de liberté le temps de son audition et informer le parquet, seul habilité à décider de mettre l'affaire à l'instruction pour éventuellement aboutir à la délivrance d'un mandat d'arrêt", poursuit-il.

Quelques jours plus tard, le 6 décembre 2011, la police de Liège s'est rendue au domicile de Nordine Amrani dans le respect des procédures. "En effet, en dehors du flagrant délit, dépourvu d'un mandat de perquisition ou d'un mandat d'amener, la police ne disposait d'aucun moyen coercitif pour forcer le suspect à les suivre ou même pénétrer dans son habitation s'il décidait de s'y retrancher. L'individu était absent, une convocation pour le 13 décembre 2011 a donc été déposée, comme le veut la procédure." Le chef de corps n'exclut pas de faire part de son étonnement aux ministres concernés.

Plusieurs condamnations

Nordine Amrani avait été condamné en 2008 pour trafic de stupéfiants. Auparavant, en 2003, il avait été condamné pour le viol d'une mineure en situation de handicap. En liberté conditionnelle, il commet de nouveaux faits de mœurs en octobre 2010 et se donne la mort en 2011, après avoir ouvert le feu sur la place Saint-Lambert.

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