Regions Liège

Gaz trop cher : ruée sur les poêles à bois

Les marchands de poêles à bois ne savent plus où donner de la tête. Depuis la crise du gaz, énormément de Belges ont eu l’idée de se retourner vers le bois. Ils ont acheté des stères de bûches et des réserves de pellets. Ils s’équipent aussi en poêles de nouvelle génération, plus efficaces explique Geoffrey Sante, marchand et installateur en région verviétoise.

L’argument du rendement amélioré

"C’est l’Europe qui a obligé à tirer les poêles à bois vers une meilleure consommation. On estime avoir quarante pour cent de rendement supplémentaire. Mais on peut voir les choses de deux manières : soit on a deux fois plus d’énergie pour la même bûche, soit on consomme deux fois moins."

Quand nous rencontrons Geoffrey, Il est occupé à installer un tout nouveau poêle à bois chez Thierry, retraité, qui vit dans une maisonnette cossue dans les bois de Spa. Précédemment, il brûlait son bois dans un insert (une "cassette") qui datait des années 80. Mais cet insert consommait de l’électricité, le bruit de la soufflerie l’ennuyait et il s’est laissé convaincre qu’un nouveau poêle à bois allait être plus efficace.

"Cette cassette était déjà une réponse à une précédente crise des prix de l’énergie. Mais son rendement n’a plus d’équivalent avec les nouveaux poêles à bois. Le poêle revient finalement à une solution de nos ancêtres. Pas d’électricité et une autonomie, ce qui est important aussi." Thierry espère consommer moins de bois qu’avec son ancienne cassette. Pour ce qui est de l’autonomie, Thierry possède autour de sa maison un terrain boisé. C’est là qu’il coupe ce dont il a besoin. Cette solution n’est pas accessible à tous.

La demande d’une année en un trimestre

Depuis que le gaz se vend à des prix stratosphériques, Geoffrey a vu ses commandes de poêles à bois exploser. "Le rush a commencé au début du mois d’août. En un seul trimestre, on a fait le chiffre de l’année passée. Ça veut dire aussi que j’ai fait le travail d’une année en un seul trimestre. Avant, on installait une trentaine d’appareils par trimestre et là on est passés à plus de cent."

Et d'ajouter : "Avant, on avait beaucoup de gens qui passaient au gaz, parce que c’est une énergie qui est ergonomique [il ne faut pas vider le poêle, le nettoyer, faire le feu, scier les bûches, les amener au salon]. On en est revenus, à cause de la hausse du prix du gaz, à vendre de nouveau plus de poêles à pellets et à bois et pour parler de proportions, on était avant dans un rapport de 90% de pellets pour 10 de bois. Maintenant, on est sur une proportion de 50/50".

Les concurrents de Geoffrey vivent le même rush. L’un d’eux, que nous avons contacté pour ce reportage a refusé : il avait "trop de travail".

Sur le même sujet

Chauffage électrique, au bois ou au mazout : gare aux dangers des méthodes "alternatives" pour se chauffer

Santé & Bien-être

Articles recommandés pour vous