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Georges-Louis Bouchez : "Si vous ne baissez pas le prix des carburants, vous étranglez la classe moyenne et vous ne sauvez pas le climat"

L'invité de Matin Première

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15 mars 2022 à 07:29 - mise à jour 15 mars 2022 à 07:46Temps de lecture3 min
Par L'invité de Thomas Gadisseux

Alors que le gouvernement fédéral s'est accordé lundi soir en comité restreint sur une série de mesures visant à réduire l'impact de la flambée des prix de l'énergie, Georges-Louis Bouchez, président du MR est l'invité de Thomas Gadisseux ce mardi. 

Retard de l'indexation des salaires

Des mesures oui, mais à court terme, supportées par 1,3 milliard d'euros issus des surgains issus notamment de l'augmentation des prix de l'énergie. Car le risque était de devoir augmenter les impôts par la suite. Pourquoi avoir attendu cependant, alors que les recettes de l'Etat bénéficiaient de cette hausse des prix de l'Energie ? Pour Georges-Louis Bouchez cela est du au desiderata de certains partis de faire un grand accord énergie et au mécanisme qui veut que l'indexation des salaires est liée à l'augmentation du prix de l'energie. 

Ces mesures vont-elles retarder l'indexation des salaires ? "C'est l'effet induit de ces mesures, oui. Comme on rend du pouvoir d'achat immédiatement, on retarde l'indexation des salaires. SI vous aviez indexation plus baisse de la TVA, vous ne compensez pas le pouvoir d'achat, vous augmentez la part de revenus. Ce qui est une bonne chose, mais alors via la baisse d'impôts, qui n'augmente pas elle le coût pour les entreprises". 

Car pour le président du MR, "Il faut garder cette philosophie de rendre les surgains, cela ne sert à rien de créer des trous. Les dettes d'aujourd'hui sont les impôts de demain et un pays trop endetté serait une cible sur les marchés financiers". 

"Plus l'énergie serait chère, moins elle serait consommée et donc ce serait bon pour la planète"

Mais si les mesures jouent sur les prix, certains partis comme les Verts flamands proposent de jouer sur la consommation (dimanche sans voiture, vitesse limitée sur les autoroutes, etc). Pour Georges-Louis Bouchez "si des gens veulent ne pas prendre leur voiture le dimanche, ils peuvent. Mais cela n'aura aucune incidence sur les prix à la pompe car aujourd'hui il n'y a pas de problème d'offre comme en 1970. Et actuellement, les prix augmentent car les marchés spéculent sur des produits à venir." 

Un marché très volatile donc qui amène à la question de la nécessité de décisions structurelles à long terme par rapport à l'énergie dans notre pays. Un aspect par rapport auquel le président du MR tacle Ecolo : " Les écologistes ont défendu pendant des années le fait que plus l'énergie serait chère, moins elle serait consommée et donc ce serait bon pour la planète. Cette solution n'en est pas une. C'est un leurre. En réalité les gens sont obligés de se chauffer, de se déplacer. Et si vous ne baissez pas le prix des carburants et de l'energie, vous étranglez la classe moyenne et vous ne sauvez pas le climat."

 

"La ministre de l'Energie n'a travaillé que sur le plan A, pas de chance c'est le plan B qui semble s'avérer"

Quid du nucléaire. Pour Georges-Louis Bouchez, il doit intervenir cette semaine : "On ne passera pas cette semaine, sans accord, en particulier sur la question du nucléaire. Sinon, nous serons trop tard pour vraiment poser des choix. Le MR a demandé un rapport sur nos besoins d'énergie jusqu'en 2025. La ministre de l'Energie n'a travaillé que sur le plan A, pas de chance c'est le plan B qui semble s'avérer. Nous allons devoir en quelques jours rattraper le fait que plus rien n'a été fait sur la piste nucléaire. Je le regrette mais tant pis il faut faire avec". Et d'ajouter : "Il n'y a aucune incertitude sur le fait que les centrales sont là, sur la capacité technique à prolonger. C'est bizarre parce que tous les gens qui nous ont expliqué que prolonger le nucléaire n'était pas possible sont les mêmes qui disent aujourd'hui si, si il n'y a pas de problème.

Une nécessité le nucléaire pour les libéraux dans un scénario où l'augmentation des besoins énergétiques risque de s'accroître fortement à l'horizon 2025-2035 avec notamment le passage des voitures de société au tout électrique, la fin de la vente des moteurs thermiques en Flandre. "Ce sera minimum deux réacteurs nucléaires."

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