Géorgie : 2000 personnes manifestent contre le projet d’un barrage géant

Des manifestants géorgiens protestent à Tbilissi le 24 mai 2021 contre le projet de construction d’un barrage mettant pour eux en danger l’environnement

Environ 2000 personnes ont manifesté lundi en Géorgie contre le projet de construction d’un barrage géant, mettant en garde contre d’importants risques pour l’environnement dans ce pays du Caucase.

Ce projet d’un coût de 800 millions de dollars comprend la construction par la société turque Enka Renewables de deux barrages d’une capacité respectivement de 300 et 133 MW dans la vallée de Rioni (ouest de la Géorgie).

Les habitants locaux et des militants écologistes sont cependant depuis longtemps opposés à ce projet, y voyant des risques sismiques et environnementaux.

Les riverains ont également critiqué le contrat signé par le gouvernement géorgien avec Enka Renewables, qui permet à l’investisseur turc de confisquer des propriétés privées.

Environ 2000 protestataires

Lundi, quelque 2000 protestataires ont défilé dans le centre de Tbilissi, la capitale géorgienne, en bloquant la circulation sur l’une des rues.


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Ils ont réclamé la suspension du projet et la démission de la ministre de l’Economie, Natia Tournava. Si nos demandes ne sont pas satisfaites, nous allons organiser des défilés de masse et paralyser la capitale", a affirmé à la presse l’un des organisateurs de la manifestation, Varlam Goletiani.

Un projet important pour l’économie du pays

Pour sa part, le gouvernement géorgien défend le projet en soulignant son importance pour l’économie du pays, sur fond des besoins croissants en énergie, et en rappelant que cela permettra de créer des centaines d’emplois.

"Le projet est stratégiquement important pour la Géorgie, nous ne pouvons assurer notre indépendance énergétique qu’en développant les ressources renouvelables", a indiqué Natia Tournava à l’AFP, affirmant avoir constitué un comité d’experts indépendants pour évaluer les risques environnementaux.

Le Premier ministre géorgien, Irakli Garibachvili, a affirmé lui à la presse lundi qu’il était "impliqué personnellement" dans l’examen du contrat pour s’assurer que celui-ci "ne contredit pas les intérêts" de la Géorgie.

De son côté, la société Enka Renewables a indiqué qu’elle était "prête à poursuivre les discussions avec tous les actionnaires".

Le gouvernement de cette ex-république soviétique du Caucase du Sud espère devenir grâce à ce projet le producteur principal d’électricité dans la région.

 

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