"Girls TakeOver" : Louise a pris la place de Sophie Wilmès vendredi, "c'était un peu fatigant quand même"

Louise et Sophie Wilmès

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11 oct. 2021 à 07:50Temps de lecture3 min
Par A. Louvigny sur base des invitées de Sophie Brems

Prendre la place d'une ministre le temps d'une journée, assumer sa place, son pouvoir, c'est l'action Girls TakeOver que propose Plan International dans le cadre de la Journée de la fille, ce 11 octobre, afin de souligner l'importance des droits des filles dans le monde entier.

Prendre la place de Sophie Wilmès

Margaux et Louise ont donc pris la place des ministres de la Coopération au développement, Meryame Kitir, et des Affaires étrangères, Sophie Wilmès. Nous avons rencontré Louise, qui s'est mise dans la peau la vice-Première et a ouvert le Conseil des ministres vendredi. "C'était impressionnant, c'est le mot que j'ai utilisé en sortant du Conseil des ministres, surtout que c'était leur premier conseil en physique depuis deux ans. C'était assez impressionnant et comique aussi de voir les grands yeux de tous les ministres qui me regardaient en se disant : 'Qu'est-ce qu'elle fait là ?' Et madame Wilmès était quand même assez fière de dire qu'elle participait à une action pour le droit des filles."

Je pense que tu as eu un impact très important

"Mais c'était un peu fatigant quand même, on ne va pas se le cacher. Commencer par un Conseil des ministres de bon matin… Mais c'était excitant aussi, parce que partager un discours, partager certaines choses auxquelles les gens ne pensent peut-être plus sur la condition des filles dans le monde, c'est chouette aussi, en tant que jeune participante chez Plan, de se dire : 'Je viens de donner un message à peu près à tout le gouvernement qui était présent, ils l'ont écouté, et surtout ils ont très bien réagi '".

Et Sophie Wilmès de réagir à sa participation au Conseil des ministres : "Tu as fait ça remarquablement bien, et peut-être un peu trop bien ! Sans rigoler, c'est ce que j'ai dit au CERN quand tu es partie. Je leur ai dit : 'Regardez-la bien, souvenez-vous bien d'elle, parce qu'à mon avis, on n'a pas fini de la voir', ce qui me ravit d'ailleurs. Je dois dire que je regardais avec attention les réactions verbales de mes collègues, et tout le monde était vraiment ravi. Je pense que tu as eu un impact très important et le fait que tu puisses porter cette parole et remettre un peu le cadre, c'était vraiment une très belle expérience. Merci beaucoup !"

Magali Lowies, porte-parole de l'action, ajoute : "En termes de leadership, les ministres Kitir et Wilmès sont les premières femmes à occuper ces positions de ministre de la Coopération au développement et de ministre des Affaires étrangères. Madame Wilmès a été la première femme vice-Première ministre en Belgique."

 

Action symbolique

"Le Girls TakeOver, c'est vraiment une action symbolique avec laquelle on a travaillé pour madame Wilmès, et l'idée est de dire que les filles peuvent occuper des fonctions dirigeantes dans le gouvernement", explique Magali Lowies, en charge des jeunes chez Plan International Belgique.

"On considère aujourd'hui qu'environ 20 millions de filles risquent de ne pas retourner à l'école suite à la crise du Covid-19. Il faut savoir que lorsque les filles ne vont pas à l'école, elles entrent dans le cycle de la pauvreté, si elles n'y sont pas déjà, c'est-à-dire qu'elles risquent d'être mariées, elles risquent ensuite de tomber enceintes, et donc de devoir gérer une famille, de trouver un travail qui, malheureusement, n'est pas qualifié comme travail décent. Donc, on est vraiment dans un cycle qui est infernal pour ces filles."

92% des filles disent déjà avoir été victimes de harcèlement en Belgique

"Il y a aussi des violations des droits des filles qui se passent ici en Belgique. La thématique sur laquelle on travaille particulièrement, c'est la question du harcèlement de rue. L'idée, c'est qu'on a fait un sondage et on a 92% des filles qui disent déjà avoir été victimes de harcèlement en Belgique. La question du harcèlement est aussi présente dans d'autres pays et l'idée est aussi de construire des ponts entre les jeunes ici en Belgique, mais aussi d'ailleurs, dans d'autres pays, que ce soit en Asie, en Afrique, mais aussi en Amérique latine, et de pouvoir travailler ensemble sur ces thématiques."

"C'est un sujet qui revient souvent sur la table, parce qu'on pense qu'en Belgique, tout est beau, tout est rose et qu'on a atteint cette égalité", commente Louise. "Malheureusement, ce n'est pas le cas. Quand on regarde, quand on discute, moi, je rentre rarement seule le soir, c'est toujours un ami qui me dit : 'T'inquiète, je vais rentrer avec toi, je ne vais pas te laisser rentrer toute seule'. Et je suis très heureuse qu'on me propose ça parce que rentrer tard le soir, une fois qu'il n'y a plus de transports, une fois qu'il y a moins de gens dans les rues, c'est vrai que je vais éviter une rue où il fait tout à fait noir."

L'invité dans l'actu du 11 octobre :

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