Giro - Cyclisme

Giro : Cette étape des Strade Bianche qui peut vous faire perdre le Tour d’Italie…

La 11ème étape du Giro 2021 emmène les coureurs sur les célèbres Strade Bianche de Toscane. Le genre de parcours où vous ne gagnerez probablement pas le Tour d’Italie, mais où vous pouvez tout perdre !

© AFP or licensors

19 mai 2021 à 09:17Temps de lecture3 min
Par Jérôme Helguers

Mercredi 19 mai, 11ème étape du Giro, certainement l’un des points clés de ce Tour d’Italie. Et peut-être même "LE" temps fort de cette course au 'maglia rosa'.

Au lendemain de la première journée de repos, les coureurs n’ont pas le droit à l’erreur. 162 km entre Perugia et Montalcino, avec un final en mode 'classique'. Sur les 70 derniers kilomètres de l’étape, le peloton empruntera les célèbres Strade Bianche de Toscane. Ces routes blanches faites de graviers et de poussières qui ne cessent de monter et descendre. Plus de 2.500 mètres de dénivelé, des passages très raides à 16%, des descentes sinueuses. Soyons clairs, le danger est partout et le terrain de jeu proposé peut, et doit, permettre de 'faire la course' comme on aime le dire dans le milieu cycliste.

Aller à la riflette et creuser des écarts ?

Le vélo possède, comme le football, certaines phrases toutes faites. On ne parle pas ici de "match par match", "le plus important ce sont les 3 points", etc. Mais plutôt de "ce sont les coureurs qui font la course", "on verra jour par jour", ou encore "vous ne pouvez pas gagner la course ici, mais vous pouvez la perdre".

Arrêtons-nous sur cette dernière formule, souvent utilisée, mais qui prend tout son sens aujourd’hui sur le Giro. Sur les magnifiques chemins de Toscane, les coureurs du classement général ne vont plus se lancer dans des escarmouches pour des bonifications et une, deux ou trois micros secondes. L’idée est cette fois d’aller à la riflette, provoquer des mouvements de course, creuser des écarts, mettre la pression sur son ou ses adversaire(s), voire le ou les pousser à la faute. La moindre crevaison ou la moindre chute sur ces routes non asphaltées se paiera cash au niveau du chrono, voilà pourquoi il y a plus à perdre.

Difficile de gagner du temps, facile d’en perdre

Pour Remco Evenepoel cet hostile terrain toscan est encore inconnu. À son arrivée en Italie, quelques jours avant le grand départ, Remco avait choisi de reconnaître une seule étape, celle d’aujourd’hui. Il a donc déjà posé ses roues sur les Strade Bianche, mais en mode reconnaissance et pas en compétition. "La vita è bella", comme il l’avait formulé sur ses réseaux sociaux. "Je ne suis pas sûr qu’il y aura de grands écarts", a déclaré Remco Evenepoel lors de la journée de repos. "Mais je pense qu’il y aura une grosse bagarre avec une course qui prendra beaucoup d’énergie, notamment à cause de la météo, il fera chaud et il y aura de la poussière. Je pense que ce sera difficile de gagner du temps, mais ce sera facile d’en perdre".

Si je ne perds pas de temps, je serai heureux

Egan Bernal, lui, sait à quoi ressemble une course sur ces chemins puisqu’il s’est classé 3ème des Strade Bianche en mars dernier. Sur papier, le Colombien possède également un avantage technique puisqu’il vient du VTT. Mais, maillot rose sur les épaules, il joue l’apaisement. "Quand vous disputez les Strade Bianche, c’est une course d’un jour. C’est donc tout ou rien. Une crevaison, une chute et vous perdez beaucoup d’options. Ici, vous ne perdrez pas tout parce que c’est une course par étapes. Les coureurs du classement général prendront moins de risques que les coureurs d’une classique", explique Egan Bernal. "Il y a des secteurs très difficiles et pentus, mais je pense que les secteurs rapides sont ceux où le plus de dégâts seront causés. Le positionnement sera critique. Personnellement, si je ne perds pas de temps, je serai heureux". Avant de conclure par cette formulation 'footbalistico-cycliste' : "Nous devrons simplement prendre cette course secteur par secteur".

Mais résumer l’étape du jour, et le Giro, à un duel entre Bernal et Evenepoel serait une erreur. Au départ de cette 11ème étape, neuf coureurs se tiennent encore dans la même minute. Les écarts sont très faibles et des coureurs plus discrets, moins médiatiques sont en embuscade (Aleksandr Vlasov, Giulio Ciccone ou encore Hugh Carthy). Ce soir, le classement général pourrait être totalement chamboulé.

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