Chroniques

Gouvernement fédéral : des accords, désaccords

Philippe Walkowiak

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25 juil. 2022 à 10:02 - mise à jour 25 juil. 2022 à 15:06Temps de lecture2 min
Par Philippe Walkowiak

 

Tous nos gouvernements ont baissé le volet. Les Parlements demeurent fermés pour plusieurs semaines, voire plus de deux mois (la rentrée de la Chambre reste officiellement fixée au deuxième mardi… d’octobre). Place aux affaires courantes, non sans avoir, comme de tradition, bouclé au niveau fédéral, une série hétéroclite d’ "accords". Même si parfois, les sept partenaires actent qu’ils sont d’accord pour constater qu’ils ne sont pas d’accord !

Entonnoir

La technique est éprouvée depuis des décennies de gouvernements de coalition. Garder tous les dossiers épineux pour la fin et épuiser tout le monde le long de fastidieuses " réunions de la dernière chance ", en mode entonnoir. Tensions, crispations, menaces, etc. et au petit matin, un accord où chacun tente vaille que vaille de s’y retrouver. Présentation vite fait et tout le monde part en vacances, le cœur léger. La collection " été 2022 " n’a pas dérogé à la tradition. Pensions, fiscalité, nucléaire et tutti frutti de mesures diverses aussi bien en défense, santé ou justice.

Il convient de relire ensuite ces différents accords. À tête reposée.

Ces accords apparaissent alors minimalistes. Ils donnent l’impression que c’est surtout la majorité en place qu’il convenait de sauver. En cela, le Premier Ministre aura bien joué le coup et préservé l’essentiel : son job, au point qu’il se verrait bien rempiler après 2024. Que son parti soit devenu un nain politique ne semble guère le préoccuper.

La plupart des grands choix sont également reportés à plus tard. Bien plus tard.

Incertitudes remises à plus tard

Le gouvernement Michel avait pris la population par surprise en repoussant l’âge de la retraite à 67 ans, alors que cette mesure ne figurait dans le programme de personne en 2014. Mais il n’a pas accompagné cette mesure brutale. Cette nouvelle coalition se faisait fort d’y parvenir. La notion de " métiers pénibles " a curieusement disparu, l’aménagement des fins de carrière demeure incertain et les femmes, le plus souvent, auront bien des difficultés à disposer d’une carrière complète. Surtout, le financement du système constitue toujours une grande incertitude.

De même sur le nucléaire. L’accord avec Engie n’entérine que le fait de poursuivre à discuter et surtout que l’État belge devra passer à la caisse. Le principe du pollueur-payeur est abandonné alors qu’Electrabel a longtemps garanti des milliards de bénéfices à sa maison-mère française.

Ce n’est le résultat de plus de 20 ans de non-décision politique de nos gouvernements successifs, faute d’accord entre partenaires.

Chacun est d’accord pour reporter les incertitudes à plus tard.

@PhWalkowiak

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