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Gouvernement fédéral : une "Quatre-Saisons" sans saveur

Philippe Walkowiak
30 sept. 2020 à 13:57 - mise à jour 30 sept. 2020 à 13:57Temps de lecture2 min
Par Philippe Walkowiak

 

493 jours après les élections, plus de 21 mois sans véritable gouvernement fédéral la Belgique sort enfin du tombeau institutionnel !

Sept partis ont pris leur courage à deux mains pour constituer un gouvernement. Ou plutôt bricoler un frêle esquif qui devra défier des courants contraires. Mais point n’est besoin d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer. De la difficulté à mettre sur pied un exécutif peut aussi naître un état d’esprit, une envie de construire. A ce stade, il ne faut pas décourager les bonnes volontés. Mais c’est bien la seule chose acquise. Pour le reste, les choix essentiels sont reportés et la ligne politique directrice reste : " on verra bien ".

Priorité Santé

Premier acquis : on ne remet rien en cause de ce que le précédent gouvernement a engrangé : pension à 67 ans, ISOC, dégressivité du chômage, accises, TVA, taxshift, etc. Cela résonne comme une défaite pour le PS et ECOLO. Mais cela risque de ne constituer en miroir que le seul acquit des libéraux.

Les socialistes obtiennent une pension minimale à 1500 € (une revendication qui se trouvait dans de nombreux programmes, y compris au VB). Il reste à en fixer les modalités. De même, le futur gouvernement ambitionne les 80% de taux d’emploi d’ici 2030. Comment ? Sachant que l’essentiel des compétences en la matière se situe dans les Régions.

Les soins de santé, héros malgré eux de la crise Covid, obtiennent un substantiel refinancement et surtout l’inversion de la tendance amplifiée par le gouvernement Michel : la norme de croissance repart à la hausse et avec en bonus1,2 milliard récurrent.

Et pour le reste, pas grand-chose

La sortie du nucléaire reste fixée à 2025. Mais visiblement, on n’a pas voulu faire trop de peine tout de suite aux écologistes. D’ici fin 2021, on déterminera dans quelle mesure la sécurité d’approvisionnement électrique du pays n’est pas menacée. On finira bien par se rendre compte qu’il faudra bel et bien, quels que soient les engagements, qu’il faudra se résoudre à conserver les deux centrales les plus récentes. Les écologistes obtiennent un peu de temps pour avaler la couleuvre.

Au niveau climatique, le nouveau gouvernement se fixe comme objectif une réduction de 55% des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 et prend dans sa sphère de compétences les mesures en ce sens. De nouveaux des objectifs lointains et des moyens d’agir qui se situent dans les régions. Et comme la Flandre a déjà prévenu qu’elle n’entendait pas se mettre au diapason…

Sur le plan institutionnel, N-VA et Vlaams Belang se frottent déjà les mains. Rien n’est prévu ! Faute de vues communes. Et puisque de toute façon, sur le sujet, il est indispensable de disposer d’une majorité des 2/3 et de 50% des néerlandophones de la Chambre, rien ne bougera de la législature !

Dans le même registre, le CD&V obtient que socialistes et écologistes ne la ramènent pas sur la dépénalisation de l’avortement, sous peine de faire tomber le gouvernement. Malgré une majorité parlementaire, les demandes des associations féminines attendront.

En fait, le gouvernement De Croo 1 misera l’essentiel de sa crédibilité et fondera son action, sur les suites sanitaires et surtout socio-économiques de la crise engendrée par la pandémie de Covid-19.

En cela, ce gouvernement reste une coalition d’urgence et d’opportunité.

 

@PhWalkowiak

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