Belgique

Gouvernement wallon : la priorité de la rentrée, c’est "l’énergie ", des prix "intenables pour la moitié des citoyens"

Rentrée du gouvernement wallon 2022.

© Carl Defoy RTBF

25 août 2022 à 11:28 - mise à jour 25 août 2022 à 12:38Temps de lecture3 min
Par Patrick Michalle avec Rudy Hermans et Carl Defoy

Si l’ordre du jour de cette première réunion est encore assez léger, les dossiers chauds sont là en filigrane déjà de cette rentrée.

Le ministre président Elio Di Rupo l’a laissé entendre à la sortie de ce premier gouvernement wallon, les temps difficiles sont là : " en matière d’énergies, pour plus de 50% de nos concitoyens la situation est intenable ! ". Une situation qui concerne également les entreprises a-t-il ajouté "plus particulièrement pour celles qui utilisent beaucoup d’énergies". Pour Elio Di Rupo, dès la semaine prochaine, chacun sera à son poste et on pourra travailler de manière intense sur le sujet.

La sécheresse vient compliquer l’équation budgétaire

Semois août 2022
Semois août 2022 © Tous droits réservés

Ce sera incontestablement la priorité de cette rentrée avec les conséquences de la sécheresse pour plusieurs secteurs, notamment l’agroforestier. Seul élément positif relevé en la matière, la Wallonie en raison de ses réserves ne souffre pas d’un problème d’approvisionnement en eau.

La Wallonie doit faire face deux ans de suite à des aléas climatiques aux conséquences lourdes : "L’an passé les inondations, cette année la sécheresse, la région wallonne fera le maximum mais cela veut dire aussi qu’elle ne peut pas tout faire, d’abord en fonction de ses propres compétences et puis deux, en fonction de ses propres limites budgétaires".

Garder une dette soutenable : tensions prévisibles

L’accumulation de situations ayant des conséquences négatives pour les finances wallonnes rend l’exercice particulièrement périlleux. Mais d’autres soucis attendent le gouvernement sur le plan budgétaire. La pandémie puis les inondations ont déjà fait plonger encore un peu plus les finances wallonnes et pour que la dette reste soutenable, de nouvelles mesures d’économies structurelles sont indispensables.

Pour Elio Di Rupo il y a un cadre fixé : "Avec la crise du Covid et les inondations puis les conséquences de la guerre en Ukraine, on a dépensé une dizaine de milliards d’euros et les recettes annuelles du budget de la Région, c’est 16 milliards, ce qui permet de mesurer l’ampleur de ce qui a déjà été fait mais nous devons essayer de soulager les citoyens et les entreprises dans le cadre qui nous est imposé".

Où peut-on encore récupérer des moyens sans créer ailleurs des difficultés majeures ? L’ajustement du budget de cette année et la confection de celui de l’an prochain seront à coup sûr source de tensions au sein de la coalition PS-MR-Ecolo.

Energies, articuler une réponse globale

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Pour le ministre président Elio Di Rupo, la préoccupation des citoyens wallons, c’est avant tout les prix de l’énergie : "aujourd’hui la question essentielle pour nous est : comment aider les familles par rapport aux prix de folie des énergies et singulièrement le gaz et l’électricité ? ".

Pour répondre, Elio Di Rupo évoque le besoin de refaire une analyse globale de la situation, car depuis les vacances, elle a évolué rapidement : "Cette analyse doit déterminer ce que peut faire la Wallonie qui a peu de compétences en ces matières mais qui a quand même quelques compétences avec les autres niveaux de pouvoir comme le fédéral et l’Europe ".

La préoccupation étant d’articuler au mieux les réponses pour freiner les hausses de prix de l’énergie et aider ceux qui ne parviendront pas à faire face.

Renforcer l’autonomie sur le plan alimentaire

Illustration
Illustration AFP or licensors

Le contexte international interfère évidemment de manière majeure dans la problématique des énergies mais Elio Di Rupo ne cache pas que cette situation peut entraîner à terme d’autres soucis comme la question de l’approvisionnement alimentaire.

Le sujet a été abordé en lien direct avec la guerre en Ukraine et ses possibles développements : "Il s’agit d’envisager avec la Commission européenne comment nous pouvons faire en sorte de cultiver davantage de produits d’alimentation au niveau européen et quelle pourrait être notre part de contribution au niveau wallon".

Crise sanitaire, presque une routine

A côté de cela, on se dit que le lancement en septembre d’une nouvelle campagne de vaccination contre le Covid-19 devrait presque s’apparenter à une routine pour le gouvernement wallon.

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